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Ces caricatures que je ne saurai voir…


Rédigé le Vendredi 24 Février 2006 à 09:15 | Lu 1150 fois |


Les caricatures du Prophète Mohamed ont fait vibrer ces dernières semaines le monde musulman et avec lui, le monde entier, nous mettant, une fois de plus, sur le devant de la scène. La polémique est lancée..



Les caricatures du Prophète Mohamed ont fait vibrer ces dernières semaines le monde musulman et avec lui, le monde entier, nous mettant, une fois de plus, sur le devant de la scène. La polémique est lancée...

Les caricatures du Prophète Mohamed ont fait vibrer ces dernières semaines le monde musulman et avec lui, le monde entier, nous mettant, une fois de plus, sur le devant de la scène. La polémique est lancée, divisant le monde en deux blocs distincts.



Cette actualité n’est pourtant que le coup final à une division depuis longtemps entamée. En publiant ces articles injurieux, les médias français (pour ne parler que d’eux) se doutaient donc bien de l'impact que cela provoquerait. Homicide volontaire avec préméditation contre toute une communauté appartenant pourtant à la société française et active au sein de cette dernière (malgré ce que beaucoup aiment à penser). Même les musulmans les plus ouverts ne pouvaient décidément se ranger de leur coté, tant l'insulte est grande. La césure est, à défaut de ne pas l’avoir été assez auparavant, claire : d'un coté sont rangés les partisans d'une liberté d'expression totale ("les français", ou "occidentaux") et de l'autre coté, les musulmans ("les autres").



Par là même, on renforce un préjugé simpliste mais ô combien efficace : les musulmans sont tout simplement et définitivement « différents », ils ne savent décidément pas penser, ni s’adapter, et encore moins s’intégrer dans ce monde moderne… La révolte des musulmans face à ces dessins blasphématoires n'est que la conséquence de la radicalisation de ses pratiquants, radicalisation inquiétante, dangereuse, voire meurtrière... Voilà donc bien des raccourcis de pensée qui confortent « les biens pensant » dans leurs prénotions et, pour nombre d’entre eux, dans leur idéologie raciste ou « islamophobe » ! En faisant passer l’Islam, grâce aux réactions qui ont fait suite aux caricatures, (réaction programmée, il va de soi) pour une barrière à la liberté à la fois individuelle et mondiale, l’occident se donne la légitimité de combattre cet Islam, l’Islam populaire, et non plus uniquement l'Islam des talibans, des terroristes, ou des gérants d'entreprises pétrolière.... La légitimité étant la base du pouvoir dit « démocratique », une fois cette légitimité obtenue, les dérives les plus extrêmes peuvent naître en toute impunité.



Malheureusement, le propre de nos démocraties, c'est de croire qu'elles se doivent être les libératrices d'un monde qui ne les ressemble pas. En gros, d'imposer leurs visions des choses. La liberté est une valeur centrale, fondamentale, depuis les Droits de l'Homme et du Citoyen, rappelons le. Et l'occident s’étant auto-proclamé Porte-Parole de la bonne pensée, il se donne pour mission de lutter contre tout ce qui entame de près ou de loin à cette liberté, ce qui pourrait être tout à fait honorable si on s’en tenait malgré tout à comprendre, accepter et tolérer les différences de cultures et de croyances. Et surtout, surtout, si cet occident essayait de regarder un plus loin que les préjugés réducteurs dans lesquels il se complait. Derrière cette lutte pour la "liberté", il se cache donc des intentions honnêtement diffamatoires, que personne ne saurait voir.

Mais cela n'est-il pas condamné par notre chère législation ? Rappelons alors la loi dite "Loi Pleven" du 1er juillet 1972, qui incrimine "la diffamation ou l'injure raciste ainsi qu'un délit nouveau de provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence à l'égard d'une personne ou d'un groupe de personnes en raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une race ou une religion déterminée".

Mais qui évoque encore cette loi ? L’islamophobie (mot lui même récent) n’est pas encore assimilé à un acte raciste et par là même, condamnable. L’antisémitisme est pourtant fortement réprimé, alors pourquoi ne pas avoir élargi cette notion à l’Islam ? On peut tout à fait supposer que la législation et les mœurs n’ont pas eu encore le temps de s’adapter à cette religion, finalement encore « nouvelle » sur le territoire hexagonal. Les plus mauvaises langues émettront quand à elles l’hypothèse que la France n’a pas de Maréchal Pétain ou de Régime de Vichy à faire oublier aux musulmans. Peut être est-ce là le seul aspect positif de ces caricatures : faire valoir, à travers la plainte posée, notre droit le plus élémentaire : le droit au respect.

Il est donc important pour nous de suivre cette actualité, notre avenir en dépend largement. La plainte posée contre ces caricatures est essentielle pour tous les musulmans de France. Et on souhaite à ce procès toute la réussite qui nous fait actuellement défaut....