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Gaza : jour aprés jour
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Ils ne sont ni fous ni suicidaires, pourtant Arij, Alia et Hassan donneraient beaucoup pour être aujourd'hui à Gaza. Ils iraient vérifier que leurs parents et leurs amis sont indemnes. Ils iraient les étreindre et endurer avec eux le bombardement suivant.
"Je sais que c'est paradoxal, mais je me sentirais beaucoup mieux si j'étais là-bas", confie Arij Hijazi, 36 ans, attablée dans l'un de ces cafés branchés dont Ramallah s'est fait une spécialité. Originaires de Gaza ou simplement familiers de l'endroit pour y avoir longtemps vécu, ces trois Palestiniens désormais installés en Cisjordanie vivent l'attaque israélienne pendus à leur téléphone. Comme si le pilonnage de Gaza était une agression intime, l'oblitération d'un pan entier de leur mémoire.
"Je parle à mes parents qui habitent Rafah (dans le sud de la bande de Gaza) peut être vingt fois par jour, explique Arij, qui travaille pour une organisation internationale. Comme ils n'ont pas d'électricité, ils ne peuvent pas regarder la télévision. Du coup, dès qu'ils entendent une explosion, c'est moi qu'ils appellent pour avoir des informations. Ils sont horrifiés. La mort est partout."
Lundi 29 décembre, alors qu'elle regardait chez une amie la chaîne qatarie Al-Jazira qui couvre le conflit en quasi continu, son regard s'arrête sur l'image d'un champignon de fumée dans le centre-ville de Gaza. "J'ai reconnu en une seconde la rue de mon oncle. Une bombe venait d'exploser sur le ministère de la culture situé juste en face de son domicile. Je me suis jeté sur le téléphone. A l'autre bout du fil, il y avait des cris, des larmes, mais lui et sa famille étaient sains et saufs. Je n'ai jamais eu aussi peur de ma vie."
"Je sais que c'est paradoxal, mais je me sentirais beaucoup mieux si j'étais là-bas", confie Arij Hijazi, 36 ans, attablée dans l'un de ces cafés branchés dont Ramallah s'est fait une spécialité. Originaires de Gaza ou simplement familiers de l'endroit pour y avoir longtemps vécu, ces trois Palestiniens désormais installés en Cisjordanie vivent l'attaque israélienne pendus à leur téléphone. Comme si le pilonnage de Gaza était une agression intime, l'oblitération d'un pan entier de leur mémoire.
"Je parle à mes parents qui habitent Rafah (dans le sud de la bande de Gaza) peut être vingt fois par jour, explique Arij, qui travaille pour une organisation internationale. Comme ils n'ont pas d'électricité, ils ne peuvent pas regarder la télévision. Du coup, dès qu'ils entendent une explosion, c'est moi qu'ils appellent pour avoir des informations. Ils sont horrifiés. La mort est partout."
Lundi 29 décembre, alors qu'elle regardait chez une amie la chaîne qatarie Al-Jazira qui couvre le conflit en quasi continu, son regard s'arrête sur l'image d'un champignon de fumée dans le centre-ville de Gaza. "J'ai reconnu en une seconde la rue de mon oncle. Une bombe venait d'exploser sur le ministère de la culture situé juste en face de son domicile. Je me suis jeté sur le téléphone. A l'autre bout du fil, il y avait des cris, des larmes, mais lui et sa famille étaient sains et saufs. Je n'ai jamais eu aussi peur de ma vie."
Samedi 27 décembre, l’aviation israélienne a mené des raids meurtriers contre Gaza. Selon les autorités israéliennes, les lieux visés étaient des centres de commandement du Hamas et de ses forces armées. Le bilan de cette journée s’élève à plus de 270 morts et plusieurs centaines de blessés. De nombreux civils ont été touchés, comme le rapporte le correspondant du New York Times à Gaza, Taghreed El-Khodary (« Israeli Attack Kills Scores Across Gaza ») :
« A l’hôpital de Shifa, de nombreux corps gisaient devant la morgue, attendant que leur famille vienne les identifier. Beaucoup étaient démembrés. A l’intérieur, la famille d’un bébé de cinq mois qui avait été grièvement blessé à la tête par un éclat d’obus. Débordé, le personnel de l’hôpital semblait incapable de fournir une aide. A la station de police de Gaza, au moins quinze agents de la circulation qui s’entraînaient ont été tués sur le coup. Tamer Kahrouf, 24 ans, un civil qui travaillait sur un site de construction à Jabaliya, dans le nord de Gaza, explique que ses deux frères et son oncle ont été tués sous ses yeux quand l’aviation israélienne a bombardé un poste de sécurité aux alentours. Kahrouf est blessé et saigne de la tête. »
Victime depuis plusieurs semaines d’un blocus total, Gaza (et ses médecins bien sûr) est dans l’impossibilité de soigner les blessés dans des conditions normales.
Le site Free Gaza a recueilli de nombreux témoignages d’étrangers et de Palestiniens sur place qui donnent une idée de l’ampleur des attaques.
Le Hamas a riposté en tirant plusieurs dizaines de roquettes sur Israël. Un Israélien a été tué et plusieurs ont été blessés à Netivot et Ashkelon.
« A l’hôpital de Shifa, de nombreux corps gisaient devant la morgue, attendant que leur famille vienne les identifier. Beaucoup étaient démembrés. A l’intérieur, la famille d’un bébé de cinq mois qui avait été grièvement blessé à la tête par un éclat d’obus. Débordé, le personnel de l’hôpital semblait incapable de fournir une aide. A la station de police de Gaza, au moins quinze agents de la circulation qui s’entraînaient ont été tués sur le coup. Tamer Kahrouf, 24 ans, un civil qui travaillait sur un site de construction à Jabaliya, dans le nord de Gaza, explique que ses deux frères et son oncle ont été tués sous ses yeux quand l’aviation israélienne a bombardé un poste de sécurité aux alentours. Kahrouf est blessé et saigne de la tête. »
Victime depuis plusieurs semaines d’un blocus total, Gaza (et ses médecins bien sûr) est dans l’impossibilité de soigner les blessés dans des conditions normales.
Le site Free Gaza a recueilli de nombreux témoignages d’étrangers et de Palestiniens sur place qui donnent une idée de l’ampleur des attaques.
Le Hamas a riposté en tirant plusieurs dizaines de roquettes sur Israël. Un Israélien a été tué et plusieurs ont été blessés à Netivot et Ashkelon.
Ziad Medoukh est professeur de français à l'université de Gaza. Nous n'avons pas pu rentrer en contact téléphonique avec lui pour l'instant mais il a réussi à nous écrire ces quelques lignes entre deux coupures d'électricité
La réalité sur place est bien plus terrible que les médias essayent de la montrer:des corps déchirés par terre, des maisons qui tombent en quelques secondes.
L'armée israélienne est en train de détruire Gaza,elle bombarde tout à Gaza écoles,mosquées,universités,maisons,magasins, hôpitaux,postes de polices et ministères.Plus de 340 martyrs et 1000 blessés en deux jours de raids et bombardements aveugles la majorité sont des civils, des personnes qui ne sont pas à l'abri.
C'est une vraie guerre contre notre peuple isolé
La population est horrifiée et terrorisées par ces attaques sanglantes mais reste confiante.
Amitiés de Gaza la martyre
Ziad
L'armée israélienne est en train de détruire Gaza,elle bombarde tout à Gaza écoles,mosquées,universités,maisons,magasins, hôpitaux,postes de polices et ministères.Plus de 340 martyrs et 1000 blessés en deux jours de raids et bombardements aveugles la majorité sont des civils, des personnes qui ne sont pas à l'abri.
C'est une vraie guerre contre notre peuple isolé
La population est horrifiée et terrorisées par ces attaques sanglantes mais reste confiante.
Amitiés de Gaza la martyre
Ziad
Article du monde de Benjamin Barthe, le 30 décembre 2008
C'était samedi 27 décembre dans le centre-ville de Gaza, quelques minutes avant qu'un déluge d'acier ne s'abatte sur la tête de ses habitants. Khalil Shahin, employé du Centre palestinien pour les droits de l'homme, quittait son domicile, dans le quartier de Tel Al-Hawwa, pour rejoindre son bureau. Contacté par téléphone depuis Jérusalem, il raconte "le tremblement de terre" survenu aux alentours de 11 h 30 locales : "Il y a eu une déflagration monstrueuse. J'ai vu l'un des miradors du complexe de la Sécurité préventive [un des anciens services de sécurité du Fatah] voler en l'air et s'empaler 30 mètres plus loin dans la façade d'un immeuble." Dans la rue principale, les cris de panique de dizaines d'enfants qui venaient de sortir de l'école se mêlent aux hurlements des parents et aux gémissements des blessés éparpillés sur le sol. "Il y a alors eu une seconde frappe, poursuit Khalil Shahin, d'une voix blanche. Quatre bombes en 30 secondes sur un immeuble qui abrite une association de défense des prisonniers. Les treize étages qui étaient heureusement vides se sont effondrés comme un château de cartes."
Depuis ce raid inaugural, les vagues de bombardements s'enchaînent comme dans un remake de "Choc et effroi", l'opération américaine de pilonnage de Bagdad, en ouverture de la seconde guerre du Golfe, en 2003. Pour le ministre de la défense israélien, Ehoud Barak, il s'agit de "changer les règles du jeu" qui prévalaient jusque-là dans le conflit avec le Hamas.
Au nombre de ces nouvelles normes figure l'interdiction faite aux journalistes étrangers de pénétrer dans la bande côtière palestinienne, pour des raisons "de sécurité", jugées peu plausibles. Contre cette mesure "intolérable", l'Association de la presse étrangère en Israël et dans les territoires occupés palestiniens a déposé un recours devant la Cour suprême israélienne, qui devrait être discuté mercredi 31 décembre. Dans l'attente de la décision des juges, Le Monde a choisi de récolter des témoignages par téléphone, auprès de sources connues, dont il a pu tester la fiabilité par le passé.
Depuis ce raid inaugural, les vagues de bombardements s'enchaînent comme dans un remake de "Choc et effroi", l'opération américaine de pilonnage de Bagdad, en ouverture de la seconde guerre du Golfe, en 2003. Pour le ministre de la défense israélien, Ehoud Barak, il s'agit de "changer les règles du jeu" qui prévalaient jusque-là dans le conflit avec le Hamas.
Au nombre de ces nouvelles normes figure l'interdiction faite aux journalistes étrangers de pénétrer dans la bande côtière palestinienne, pour des raisons "de sécurité", jugées peu plausibles. Contre cette mesure "intolérable", l'Association de la presse étrangère en Israël et dans les territoires occupés palestiniens a déposé un recours devant la Cour suprême israélienne, qui devrait être discuté mercredi 31 décembre. Dans l'attente de la décision des juges, Le Monde a choisi de récolter des témoignages par téléphone, auprès de sources connues, dont il a pu tester la fiabilité par le passé.
Il y a sur cette terre
Il y a sur cette terre ce qui mérite de vivre : les hésitations d’avril, l’odeur du pain à l’aube, les opinions d’une femme sur les hommes, les écrits d’Eschyle, les débuts d’un amour, de l’herbe sur des pierres, des mères se tenant debout sur la ligne d’une flûte et la peur qu’éprouvent les conquérants du souvenir.
Il y a sur cette terre ce qui mérite de vivre, la fin de septembre, une dame qui franchit la quarantaine avec tous ses fruits, l’heure de la promenade au soleil en prison, un nuage mimant une nuée de créatures, les ovations d’un peuple pour ceux qui montent à la mort souriants et la peur qu’ont les tyrans des chansons.
Il y a sur cette terre ce qui mérite de vivre : il y a sur cette terre, le commencement des commencements, la fin des fins, On l’appelait Palestine et on l’appelle désormais Palestine. Madame je mérite, parce que vous êtes ma dame, je mérite de vivre.
Mahmoud Darwich
Version orginale :
على هذه الارض
على هذه الارض ما يستحق الحياة : تردد ابريل، رائحة الخبز في الفجر، آراء امراة في الرجال، كتابات اسخيليوس، اول الحب ، عشب على حجر ، امهات تقفن على خيط ناي وخوف الغزاة من الذكريات.
على هذه الارض ما يستحق الحياة : نهاية ايلول، سيدة تدخل الاربعين بكامل مشمشها، ساعة الشمس في السجن، غيم يقلد سربا من الكائنات، هتافات شعب لمن يصعدون الى حتفهم باسمين، وخوف الطغاة من الاغنيات.
على هذه الارض ما يستحق الحياة : على هذه الارض سيدة الارض، ام البدايات، ام النهايات، كانت تسمى فلسطين، صارت تسمى فلسطين، سيدتي استحق لانك سيدتي، استحق الحياة
Il y a sur cette terre ce qui mérite de vivre : les hésitations d’avril, l’odeur du pain à l’aube, les opinions d’une femme sur les hommes, les écrits d’Eschyle, les débuts d’un amour, de l’herbe sur des pierres, des mères se tenant debout sur la ligne d’une flûte et la peur qu’éprouvent les conquérants du souvenir.
Il y a sur cette terre ce qui mérite de vivre, la fin de septembre, une dame qui franchit la quarantaine avec tous ses fruits, l’heure de la promenade au soleil en prison, un nuage mimant une nuée de créatures, les ovations d’un peuple pour ceux qui montent à la mort souriants et la peur qu’ont les tyrans des chansons.
Il y a sur cette terre ce qui mérite de vivre : il y a sur cette terre, le commencement des commencements, la fin des fins, On l’appelait Palestine et on l’appelle désormais Palestine. Madame je mérite, parce que vous êtes ma dame, je mérite de vivre.
Mahmoud Darwich
Version orginale :
على هذه الارض
على هذه الارض ما يستحق الحياة : تردد ابريل، رائحة الخبز في الفجر، آراء امراة في الرجال، كتابات اسخيليوس، اول الحب ، عشب على حجر ، امهات تقفن على خيط ناي وخوف الغزاة من الذكريات.
على هذه الارض ما يستحق الحياة : نهاية ايلول، سيدة تدخل الاربعين بكامل مشمشها، ساعة الشمس في السجن، غيم يقلد سربا من الكائنات، هتافات شعب لمن يصعدون الى حتفهم باسمين، وخوف الطغاة من الاغنيات.
على هذه الارض ما يستحق الحياة : على هذه الارض سيدة الارض، ام البدايات، ام النهايات، كانت تسمى فلسطين، صارت تسمى فلسطين، سيدتي استحق لانك سيدتي، استحق الحياة
