L'association Ziara : une association au chevet des maladesNombreuses sont les personnes qui, atteintes d’une maladie grave ou étant dans les dernières semaines de leur vie, n’ont pas le privilège de bénéficier d’un entourage familiale chaleureux, d’un mari ou d’une femme sachant apporter réconfort, ou d’enfants soucieux de combler les petits plaisirs d’une vie devenue difficile. L’association Ziara a été créée dans le but de venir en aide à toutes ces personnes esseulées et démunies face à leur maladie. Elkalam s’entretien avec Déborah Hadjouti, co-fondatrice du projet.Elkalam : Tout d’abord pourriez vous nous expliquer ce que signifie le nom de votre association « Ziara » ?
Ziara
signifie en arabe « Visite » ce qui reflète tout à fait le but de
l'association. Je trouve aussi que c’est un très joli mot.
Elkalam : Comment ou quel événement a suscité l’idée de créer votre association ?
Quand
j'ai choisi cette religion, la part sociale et humaine m’a beaucoup sensibilisée.
Je découvrais plus tard que visiter les malades n'était pas seulement une bonne
action mais un devoir parmi les plus recommandés. Dès que j'entendais qu'une personne était
hospitalisée j'essayais donc d'y aller ; c'est ainsi que sans le savoir j'ai
rencontré à l'hôpital ma future belle famille et surtout une femme pour qui
j'avais immédiatement eu beaucoup d'affection. Je la voyais régulièrement et
c'est elle qui m'a ouvert les yeux sur les sentiments que ressentait la
personne hospitalisée quand elle recevait une personne (même inconnue) alors
qu'on est en entre quatre murs dans un milieu clos des jours entiers, des mois
voire des années. Mon projet a mûri au sein d'une première association et puis
j'ai officialisé Ziara que j'essaie de mener à bien avec mon amie Safiya
Elkalam : Comment se déroule le processus de visite aux malades ? La demande émane t-elle d’eux-mêmes ou d’une proposition de votre part ?
Nous avons deux processus de visites : les visites à l’hôpital avec lequel nous avons une convention, les visites en tant que « connaissance » du patient.
Pour ce qui est du premier cas, nous pouvons vous parler de 2 hôpitaux avec lesquels nous sommes conventionnés : l’hôpital de la Pitié Salpêtrière et l’hôpital Raymond Poincaré de Garches. Pour ce qui est du second cas, il s’agit de patients que nous visitons soit à l’hôpital soit à domicile mais surtout à la demande et avec l’accord du patient et de ses proches. En effet, lorsque le patient ou un de ses proches nous appellent pour être visité, nous lui expliquons comment nous fonctionnons et instaurons des visites avec leur aval. Ce type de visites peut concerner aussi bien des personnes malades que des personnes isolées ayant besoin de soutien moral. Elkalam : Sur votre site internet vous expliquez que vous formez les bénévoles. Pourriez-vous nous en dire plus à ce sujet ?
Nous formons nos bénévoles via 3 formations : une avec 2 infirmières qui se relaient, une avec un médecin et la dernière avec une psychologue.
Les personnes qui souhaitent être bénévoles s’inscrivent via notre site internet dans l’attente de leur convocation pour une première réunion d’information pendant laquelle intervient les responsables de l’association et les infirmières. Cette formation permet de donner quelques conseils et recommandations aux futurs adhérents pour le bien être du malade. Mais elle sert aussi à mettre en garde contre des situations face auxquelles les bénévoles peuvent être confrontés (malade déprimé, altercation avec le personnel etc..). En conclusion, nous voulons qu’ils prennent bien conscience de l’importance du respect de la charte de l’association. Suite à cette formation, nous leur laissons une période de réflexion d’une semaine après laquelle, nous les convoquons pour des entretiens individuels. Je précise que cette démarche est nouvelle et a été instaurée dans l’objectif de permettre une meilleure communication entre les responsables de l’association et les bénévoles. Suite à l’entretien, ils ont une période d’essai de trois mois avec pour objectif de visiter au moins deux fois par mois avec compte rendu auprès de l’association. Un système de parrainage par d’anciens bénévoles a d’ailleurs été mis en place pour les aider pour leurs premières visites. Ceci est, me direz-vous, digne d’un recrutement pour un travail rémunéré mais malheureusement pour faire prendre conscience aux gens l’importance de la notion de l’engagement, nous étions obligées de passer par là.. Il s’agit d’un engagement sérieux, auprès de nous mais surtout auprès des patients qui ne sont pas obligés de comprendre pourquoi des gens les visitent un jour puis ne reviennent plus… Quant à la formation du médecin , elle consiste à expliquer aux bénévoles le fonctionnement des hôpitaux, le travail du personnel hospitalier et le comportement que l’on doit adopter lors des visites hospitalières. Elkalam : Vous parlez de situation catastrophique en France ? Qu’entendez vous ?
On trouve dans le
secteur des personnes formées sur le tas, un peu par hasard, chacun sa
méthode..bref..il n’y a qu’une seule méthode et des règles à observer ! Certaines
pompes funèbres sont plus préoccupées par l'argent que par la conformité du
processus. Nous manquons de gens formés, mais cela devrait changer, je vois les
choses qui bougent un peu, et c'est assez optimiste.
Elkalam :Tous les bénévoles se présentant à votre association sont ils choisis pour visiter les malades ou procédez vous à un tri ? Si oui selon quels critères ?
Nous n'avons aucun critère de sélection pour accepter nos membres. Nous leur demandons d'assister aux réunions et d'appliquer notre charte : une liste de règles à respecter lors d'une visite. C'est vrai que nous aimerions avoir davantage d'hommes car ils sont peu nombreux au sein de Ziara.
Mais nous ne voulons pas non plus de personnes inactives qui visitent une fois dans l'année pour leur bonne conscience…d’où la mise en place des 3 mois d’essais. Elkalam : Quelles sont vos relations, si vous en avez tissées, avec les pouvoirs publics (mairie, région…)
Nous venons seulement d’obtenir un bureau pour faire nos entretiens individuels avec nos bénévoles avec la mairie, ça été long..il faut vraiment en vouloir ! mais désormais cela nous facilite beaucoup la tâche puisque nous n’avons pas de siège social. Nous participons au forum des associations de Gennevilliers.
Nous aimerions également pouvoir travailler avec les ambassades qui sont parfois au courant des personnes venant se faire hospitaliser en France. Elkalam : L’accompagnement des malades est souvent une activité psychologiquement difficile à gérer. Comment vous-même et les bénévoles qui vous entourent appréhendez vous ces moments ?
Visiter une personne malade peut paraître insurmontable lorsqu'on est timide mais une fois qu'on y a « goûté », on souhaite y retourner car cela apporte autant de bien à la personne qu'à nous même, c'est un tel rappel et psychologiquement on se sent bien d'avoir fait ce geste.
Elkalam : Comment pouvons nous vous aider ?
Parler de nous, relayer l’information, pour que les gens savent qu'ils peuvent nous contacter si un de leur proche est hospitalisé ou a besoin d'aide !
Lundi 6 Juillet 2009
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