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Le Trio Joubran, un souffle venu de Palestine


Rédigé le Mardi 27 Octobre 2009 à 17:16 | Lu 7796 fois |


Le Trio Joubran, trois frères issus d'une famille qui, depuis quatre générations, vit à travers le « Oud », le fabrique, le joue, l'aime. L'arrière grand-père, le grand-père, le père et maintenant, les trois frères Samir, Wissam, et Adnan qui font de cet instrument un savoir, une passion, une vie...



Le Trio Joubran, un souffle venu de Palestine
Leur maîtrise du « Oud » est singulière tout comme le sont l'harmonie et la synchronisation dont ils font preuve, chaque fois qu'ils se produisent sur scène devant des publics du monde entier, si différents mais unis devant autant d'authenticité et d'excellence. Côté percussion, le non moins excellent Yousef Hbeisch vient enrichir le Trio de rythmes qui épousent la mélodie et se fond dans les notes. Le Trio Joubran, trois frères de Palestine, musiciens mondialement sollicités, avancent dans leur art grâce à  un énorme travail individuel et collectif, avec un grand amour et un plus grand respect de la musique et du public.

L’aventure commence avec Samir

Samir est né en 1973 à Nazareth, en Galilée. C'est à l'âge de cinq ans que son père l'initie au oud. La rencontre entre l'enfant et l'instrument est alors à l'image d'une rencontre amoureuse. A l'âge de neuf ans, Samir entre à l'Institut de Musique de Nazareth. En 1995, il achève ses études au prestigieux Conservatoire Muhammad Abdul Wahhab au Caire. Ses talents de musicien sont reconnus à travers les nombreux ateliers et séminaires musicaux auxquels il participe dans plusieurs pays arabes et européens. Samir Joubran donne ainsi des cours de oud dans de nombreuses écoles et instituts. L'aventure des Joubran commence avec Samir, soliste novateur. En 1996, sort le premier album de Samir, Taqaseem, qui sera suivi de Sou'fahm en 2001. Sa première collaboration avec le label Daqui (label des Nuits Atypiques de Langon) paraîtra en 2002 : l'album Tamaas. Il se met à sillonner les scènes du Moyen-Orient puis celles de l'Europe. Samir est alors le seul palestinien à se produire hors frontières. Il est également le premier musicien à avoir reçu une bourse de deux ans en Italie, grâce au programme d'asile des écrivains organisé par le Parlement International des Ecrivains pour les années 2003-2004. Partout célébré pour la virtuosité de son jeu, il se voit très rapidement sollicité pour de nombreuses collaborations, notamment avec de grands poètes tels que Mahmoud Darwish . Le son et le mot mettent alors en exergue une poésie où mélancolie et passion s'entrelacent. Le talent musical de Samir Joubran est reconnu dans le monde cinématographique lorsqu'il participe à la collaboration de Ticket to jerusalem (2002), dont il signe la bande originale pour le cinéaste Rashid Masharawi. C'est ensuite que le réalisateur François Dupeyron fait appel à Samir Joubran. Trois titres de son album Tamaas sont retenus pour la bande originale de son film Inguélézi. Le réalisateur Parvez Sharma retient à son tour trois titres de Randana pour son documentaire A jihad for love (sortie prévue dans le courant de l'année). Après Randana, le premier album qui avait réuni la fratrie Joubran, Majâz, le nouvel opus sera présenté au public cet automne. C'est avec La Palestine au cœur et une volonté insatiable de faire parler le oud que Samir Joubran sillonnera le monde avec ses frères. « Nous avons deux combats à mener. L'un pour notre carrière et l'autre pour la paix en Palestine, la fin de l'occupation.»

Wissam, musicien et luthier

Wissam est né à Nazareth, en Galilée, en 1983. Son père l'inscrit à des cours de violon au conservatoire de Nazareth. C'est en observant et en écoutant son frère Samir jouer, qu'il se tourne à son tour vers le oud. Cet instrument aux formes généreuses, au ventre rond, lui est intimement lié. Son père Hatem, le voyant fusionner avec cet instrument, lui confectionne un petit oud pour l'anniversaire de ses neuf ans. Il commence par faire quelques concerts locaux en Palestine.
Puis le théâtre fait appel à lui pour la représentation de la vie de Moudaffar El Nawab, il y interprète le rôle d'un aveugle, joue du oud et chante. Wissam à l'âge de douze ans, saisit l'opportunité de faire s'évader ses rêves et son talent musical jusqu'à L'Institut du Monde Arabe de Paris où il partage la scène avec son frère Samir. En 2002 Wissam, toujours accompagné de son frère, vient jalonner d'interludes musicaux la lecture des poèmes de Mahmoud Darwish.
C'est avec l'album Tamaas que Wissam Joubran démarre sa carrière internationale. Nourri par cet univers musical, il est décidé à mettre en exergue le oud : il devient le premier étudiant arabe diplômé du prestigieux Conservatoire Antonio Stradivari, à Crémone en 2005. Wissam, tout comme son père, suit alors la lignée des maîtres luthiers. Il fabrique les trois ouds du Trio Joubran de ses propres mains, personnalisant chaque oud de façon à ce que chacun de ses frères ne fasse qu'un avec son instrument.
Maître luthier, joueur de oud, Wissam Joubran, convaincu d'une possible symbiose entre la tradition musicale arabe et la modernité du oud, porte en lui l'héritage de ses ancêtres tout en étant tourné vers l'avenir.

 Adnan, un parcours atypique

Adnan est né en 1985 à Nazareth, en Galilée. Le plus jeune des frères a un parcours bien atypique. Depuis son plus jeune âge, il veut être percussionniste. Le oud n'a cependant pas tardé à l'appeler auprès de lui. C'est à ses quinze ans que le désir d'en jouer se fait de plus en plus grand. Durant deux ans, en autodidacte et avec l'aide de ses aînés, Adnan s'exerce à cet instrument. Dès son retour du lycée, il prend le oud de Wissam, y fait voyager ses doigts sur les empreintes de son frère en jouant les mélodies de Samir. Le père, Hatem, encourage son fils Adnan à passer des concours : il fait partie des cinq lauréats d'un concours organisé en Palestine. Le premier public d'Adnan, ce sont les clients de son père. De retour de tournée, Samir évoque le projet d'un trio. Adnan fait de cette idée une ambition et durant un an, il travaille avec passion et rigueur. C'est ainsi qu'en Août 2004, le Trio Joubran voit le jour à Paris au Jardin du Luxembourg. En duo avec son grand frère Samir, Adnan accompagne en musique la compagnie de danse Fattoumi-Lamoureux. En plus de sa carrière au sein du Trio, Adnan présentera cette année au public parisien un projet combinant la musique et le cirque portant le nom de EKO DU OUD.

 A l’ombre des mots, un hommage à Mahmoud Darwish

Leur dernier spectacle, “à l’ombre des mots”, est un hommage monumental à la poésie de Mahmoud Darwish dont la voix est accompagnée par les notes subtiles des luths des trois frères. Un réel hommage en effet, car les instruments ne sont là que pour mettre en valeur le timbre puissant et les paroles envoutantes du poète. Faisant preuve d’un immense humilité sur scène, les trois artistes s’effacent et font vibrer les cordes de leur instrument dans un total dévouement aux poémes de Darwish.

“Il est difficile pour nous de parler de l’œuvre que nous avons intitulée « A l’ombre des mots »  car c’est en fait à l’ombre d’un homme que nous avons accompagné pendant plus de douze ans, que nous avons aimé et respecté… Un homme dont nous attendions une parole, une lettre, une note, une phrase pour nous enchanter et nous ramener à l’espoir, son espoir, lui, qui, du royaume du verbe, a incarné le nationalisme, la révolution, la foi dans la terre, cette terre sainte, sa Palestine.”

Le Trio Joubran, grâce à une maîtrise parfaite de leur art, réussit ainsi à nous emporter dans le monde subtil des mots du poète, et aussi dans celui des maux de sa patrie, la Palestine.



masar.mp3 Masâr.mp3  (4.46 Mo)






1.Posté par BOKHAMY le 12/11/2009 20:50
Il s'agit de vrai vurtuose !
Courage vous étes doués

2.Posté par BOKHAMY KARIM Luthiste Nouvelle Génération le 12/11/2009 20:52
Vous etes des vurtioses bon courages

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