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Les paradoxes du converti


Rédigé le Lundi 10 Novembre 2008 à 09:07 | Lu 19820 fois |


Depuis plusieurs années maintenant, les mosquées de France et de Navarre n’ont cessé de se remplir de ceux que l’on nomme communément les convertis. Qui sont ces femmes, ces hommes qui, un jour, franchissent le seuil d’une mosquée pour proclamer leur foi devant quelques témoins ou plus souvent devant une assemblée de fidèles réunis pour l’événement ?



Les paradoxes du converti

L'hypocrisie des chiffres

Tout d’abord, il convient de lever une hypocrisie : celle du nombre. Les chiffres avancés dans les rares études traitant du phénomène de conversion à l’Islam en France parlent de 30000 à 70000 convertis. Il est intéressant de constater que quelque soit l’époque où l’étude paraît, les chiffres restent similaires. Bruno Etienne, dans l’Islam en France, ouvrage paru à la fin des années 80, parlaient déjà d’environ 50000 convertis. Les reportages ou les ouvrages parus récemment ont tendance même à réduire ce chiffre. D’autres ouvrages du début des années 80 évoquent eux aussi ce chiffre de 50000 convertis en France. Disons-le franchement, il n’y aucune statistiques officielles sur le nombre de conversion à l’Islam en France. Pourtant les mosquées des grandes villes de France ont réalisé des efforts sérieux en la matière, notamment en délivrant des certificats de conversion (utiles pour se rendre à la Mecque). D’ailleurs ce chiffre fatidique des 50000 est probablement allègrement dépassé. Nombreux sont les musulmans qui, partout en France, témoignent du dynamisme de leur communauté et du nombre important de français se convertissant tous les vendredis à l’occasion de la prière hebdomadaire.

Les difficiles premiers pas du converti

Ensuite, soyons réaliste : le converti est souvent très loin de se douter des embûches et des expériences difficiles qui le guettent à la sortie de la mosquée de sa première prière. Il ne s’agit pas ici de crier au loup et de dénoncer ou d’accuser mais d’expliquer les difficultés parfois insurmontables auxquelles sont confrontés ces néophytes. La première d’entre elle, souvent celle qui finit par peser le plus sur ses épaules, est celle de l’intégration dans cette nouvelle communauté : du jour au lendemain, souvent sans aucune transition ni préparation, il voit s’ajouter au bouleversement spirituel de sa vie, un bouleversement social voire culturel. La fréquentation de la mosquée est importante pour le converti car elle est en quelque sorte la consécration de sa renaissance spirituelle. Un lien fort et puissant l’unit à ce lieu symbole d’un renouveau. C’est aussi dans cet endroit que le converti fait ses premiers pas de musulman en se familiarisant par exemple, avec des codes qui lui étaient pour l’instant étrangers. Ses nouveaux frères vont souvent faire preuve d’une hospitalité débordante à son égard. Malheureusement, derrière les fastes et l’activité démesurée des premières semaines, se cachent souvent une réalité bien plus complexe : celle d’un homme ou d’une femme pris en étau entre les responsabilités que lui imposent sa décision de franchir le pas de la conversion, et ses racines familiales ou sociales. Un peu comme si du jour au lendemain, l’olivier décidait de devenir pommier. A la démarche spirituelle qui lui a pris plusieurs mois voire plusieurs années, vient tout à coup s’ajouter un cheminement encore plus intime, très personnel, celui du rapport qu’il doit entretenir avec ce que la vie a fait de lui jusqu’à ce moment fatidique de la conversion. Entre la simplicité d’une rupture brutale et la volonté de préserver sa vie d’avant, ce nouveau musulman se rend très vite compte que rien ne va être facile.

Ailleurs une vie meilleure

Certains choisiront donc délibérément la séparation nette : nouvelle spiritualité rime alors avec nouvelle vie, nouveaux amis ou « frères », nouvelles façons d’être et de se comporter. Ce changement de cap correspond bien souvent à une volonté de tourner le dos à un passé difficile parfois douloureux et a l’énorme avantage de ne pas prêter à ambiguïtés. Olivier devient Abdallah, il se fait circoncire, se marie et a beaucoup d’enfants. Mais ce schéma qui quoique simpliste, correspond bien à une certaine réalité, n’est pas non plus sans conséquence. Bon nombre de mouvements, et pas seulement salafistes ou tabligh, exploitent délibérément ce « filon » des convertis en rupture avec la société qui les a vu naître. Ce moment de fragilité psychologique et sociale extrême, est malheureusement souvent mis à profit pour effectuer un bourrage de crâne en règle et faire de ce nouveau venu dans la communauté « un bon musulman ». L’oiseau blessé est recueilli, soigné à coup de Ryad Salihine ou de conférences interminables puis, une fois guéri, exposé comme un triomphe ou un symbole de la revanche de l’Islam sur l’Occident. Au sortir de ce processus, dans bien des cas, la rupture évoquée plus haut est définitive et la marginalisation extrême. Il n’est pas rare d’ailleurs que certains convertis partent définitivement de France pour chercher en terre d’Islam « une vie meilleure ».

Le converti et sa famille

Dans le second cas, celui du converti qui n’est pas décidé à rompre les amarres avec son ancienne vie, le processus est différent mais peut parfois aboutir à la même conclusion. Tour à tour, il lui faut convaincre sa famille, ses amis que sa conversion ne fait pas forcément de lui un candidat au terrorisme. Le chemin peut être long et difficile. Nombreux sont ceux d’ailleurs qui choisissent dans un premier temps de ne rien dire du tout par peur justement de la rupture ou de l’incompréhension des proches. Le petit milieu des convertis français regorge de témoignages de ce type : untel doit se cacher pour faire sa prière, un autre doit inventer tous les stratagèmes imaginables pour ne pas manger de porc à table, un autre encore invente une maladie imaginaire pour ne pas participer aux repas familiaux pendant le Ramadan. Cette dissimulation temporaire, dont l’unique objectif est la préservation du lien sacré avec la famille, est également rarement bien interprétée et comprise chez les musulmans eux-mêmes. Comment peut-on se convertir à l’Islam et ne pas être fier d’appartenir à cette merveilleuse communauté ? Tu dois inviter tes parents à l’Islam, c’est une obligation. Qui parmi les convertis n’a pas entendu une fois au moins ce discours ? Qui ne s’est pas senti tout d’un coup accusé de trahir sa foi sous le prétexte de protéger des « mécréants » ? Celui qui était tant célébré le jour de sa conversion, se voit bientôt accusé de tous les maux : « mauvais musulman », infiltré des RG ou de la DST, hypocrite…..

Les retards de l'encadrement

Bien souvent donc, le converti se retrouve seul face à des choix compliqués à faire et une communauté qui le juge bien vite. Dans les deux cas, le tableau dépeint n’est guère brillant. Dans les années à venir, il y a fort à parier que le phénomène de conversion en France comme partout ailleurs en Europe, se maintiendra et s’accélèrera peut-être. Il est une preuve évidente de la vitalité de l’Islam en Occident. Toutefois, les difficultés du converti à s’intégrer mais également à être accepté en tant que tel sans passer obligatoirement par la case lavage de cerveau ou arabisation, sont trop souvent minimisées. Dans les faits, elles sont symptomatiques de tous les problèmes structurels qui traversent la communauté musulmane dans son ensemble. On peut ainsi évoquer le manque criant d’organisation des lieux de culte qui laisse souvent le champ libre à des récupérations d’ordre sectaire ; également la frilosité des responsables religieux à enfin élaborer et appliquer une jurisprudence prenant en compte les particularités de la présence musulmane en Europe. Le français ou la française dite de souche, après ne serait ce que quelques jours passés dans sa nouvelle communauté, se prend en pleine face cet espèce de Tsunami charriant les tonnes de détritus laissés à l’abandon depuis des années par des responsables qui n’arrivent décidément pas à créer un lien solide avec la société française.
A trop vouloir préserver les intérêts partisans et les privilèges d’une classe de notables, l’Islam de France n’en n’est encore qu’à l’état d’idée et n’a pas effectuer de réelles avancées depuis au moins 10 ans. Le paradoxe du converti décrit ici, qui, aussitôt son entrée dans la communauté réalisée, se trouve confronté à des murs d’incompréhension n’est qu’un épiphénomène de cette sclérose intellectuelle. La volonté de niveler les consciences, le peu de cas fait à la différence, stigmatisée plus que valorisée, sont des signes tangibles qu’une stagnation de la pensée existe au sein du petit monde des musulmans de France ; un petit monde où les choses ne tournent décidément pas rond.

Conclusions

Qu’on se le dise ces quelques lignes ne sont pas là pour décourager qui que ce soit de rejoindre les rangs déjà bien garnis des musulmans de France, mais juste mettre chacun devant ses responsabilités. Toi qui lit ce texte et qui t’interroge peut être sur l’opportunité ou non de te convertir, saches que la recherche de la vérité ne s’arrête pas aux portes de la Mosquée qui t’accueillera, ni aux versets qu’on voudra bien te lire. On pourra te faire croire que maintenant tu n’es plus seul parce que des millions d’hommes et de femmes prient et jeûnent comme toi. Je te conseillerais plutôt de te préparer à la grande solitude, celle que seul celui qui a réussi à s’affranchir des obstacles et des idées reçues de la société qui l’entoure et qui a délibérément choisi de passer de l’autre côté, peut connaître. A toi qui a pu te reconnaître quelque part dans ce texte, sache que bien des gens tenteront de te convaincre de bien des choses, et que dans cette cacophonie permanente, il te sera difficile de reconnaître les gens qui te veulent réellement du bien. Gardes-toi donc de sauter au cou du premier prédicateur éloquent, et comptes parmi les forces qui viendront s’ajouter à ta foi, un esprit critique incisif. Le questionnement a été le moteur de ta démarche ; même s’il est parfois un peu pesant, il doit rester le filtre par lequel tu fais vivre ta foi. Même si tu décides de rompre les liens qui t’unissent à ton ancienne vie, que tu le veuilles ou non, par ton choix, tu fais désormais partie de cette petite communauté de l’entre-deux mondes. Tu en découvriras vite les multiples richesses mais aussi son inconfort et sa rudesse.
A toi musulman, ce texte te renvoie également à tes responsabilités et ton vécu. Tu as peut- être déjà regardé d’un œil amusé ou inquisiteur, les hésitations de ces néophytes qui, en bien des aspects, ont beaucoup à apprendre. Saches que le converti n’est ni plus ni moins bon que toi. Sa foi n’est pas inébranlable et ses faiblesses sont nombreuses. Il n’est pas une preuve ni un étendard encore moins un exemple. Par sa démarche, il t’a simplement démontré que l’esprit était capable de dépasser tout ce qu’une éducation, une culture et une société peut inculquer comme idées reçues. A toi maintenant de relever aussi ce défi et de te mettre au niveau de la complexité que lui et le monde d’où il vient t’imposent.




1.Posté par 1convertie le 18/01/2009 19:36
Cher auteur, Mr Nicolas Lalande,

qui mieux qu'une convertie elle-même pour vous répondre,

il faut garder à l'esprit, qu'une conversion est unique, propre à chaque être... et que cela ne peut pas faire l'objet "d'une pseudo étude" destinée a regrouper des faits, préjugés...et à créer un amalgame! dans beaucoup de cas, cela se passe plutôt bien, je pense que j'en suis la preuve!

Au départ, vous parlez des faits, de chiffres, invérifiables, donc ils ne servent à rien, la tendance n'est même pas vérifiable.
Ensuite vous faites un long monologue sur les difficultés des convertis.

Je ne dis pas qu'il n'y en a pas...mais il faudrait plutôt NUANCER.

En effet, avoir la foi, est quelque chose qui ne s'explique pas avec des mots, et la foi rejoint le coeur et l'âme. C'est intime, et pour ma part, source de bien-être. Ce n'est pas juste une spiritualité bricolée.

C'est au départ un questionnement, intime, à un moment donné de sa vie. Puis c'est le recul sur expérience, c'est aussi, tirer les enseignements, c'est aussi l'observation de phénomènes, l'observation de notre milieu et de l'Univers. C'est l'observation à toute échelle, de l'infiniment petit à l'infiniment grand.


Je veux bien comprendre votre essai, mais vous avez lourdement stéréotypé " le converti" et vous faites fausse route.

Du moins je pense que l'on ne peut pas catégoriser le converti. C'est bien trop personnel.

Je désapprouve qu'on me mette une étiquette, et avant tout, un converti est un MUSULMAN,à part entière.

Votre texte informatif, je ne crois pas, il dénigre en jouant sur le tutoiement, et sur le fait de vouloir donner des conseils.

Ce ne sont pas des bons conseils.

Il faudrait, à un moment donné, arreter de jouer sur les peurs et les contraintes.

Effectivement, le regard que les personnes ont sur nous est interrogatif, mais rien de plus que ça.

Je ne suis pas marginale non plus... et qu'importe si je le suis...et je le dois à Notre Créateur.

La pression sociale, les médias, les politiques, personne ne peut me détourner, même si l'on me critique H24.

Vous avez vous prévenir que d'être converti, c'est dur ?

Moi je réponds, que choisir l'Islam, c'est revenir à l'Essence, et que passées les quelques explications nécessaires à ses proches s'ils ne comprennent pas notre choix... il faut tracer son chemin, qui est déterminé, par Allah... tout est affaire de libre-arbitre et de conscience.

Je vous remercie d'avoir lu ma réponse à votre essai.

Linda.

PS : Extraits de critiques...
((( Avec volonté et sa sincérité, les difficultés sont surmontables !
Je trouve toujours que les conférences passent trop vite !
Le Ryad Salihine est un recueil de hadiths magnifiques !
la marginalisation n'est pas extrême, mais votre propos est extrème et basé sur (walou ? )???


Il n’est pas rare d’ailleurs que certains convertis partent définitivement ? Il faudrait encore le prouver, pour l'instant, sans preuve, je ne prends pas votre propos comme argent comptant. Mais admettons que c'est le cas, ça ne me pose pas de problèmes. )))

2.Posté par l'amie des convertis le 21/01/2009 18:32
SALAMOU ALAIKOUM,
Monsieur,
vous avez dit qu'il y a des difficultés « insurmontables » et vous avez donné comme exemple "l'intégration" : « La première d’entre elle, souvent celle qui finit par peser le plus sur ses épaules, est celle de l’intégration dans cette nouvelle communauté » Je vous rassure qu'il n'y a aucun problème d'intégration, nous accueillons les convertis à bras ouverts avec leurs cultures et leurs différences. Vendredi passé une convertie a prié avec nous à la mosquée et elle m'a dit: " ce n'est pas du tout comme chez les chrétiens", elle était très contente et elle n’est pas la seule, loin de là.

En disant que l’intégration est ce qui pèse le plus, parmi d’autres problèmes, vous sous-entendez, qu’il y a beaucoup de problèmes qui viennent après l’intégration et que tout cela pèse sur les épaules…
Vision fort négative, pour un lecteur non initié à l’Islam.
Je suis d’accord sur le fait qu’il y a quelques difficultés comme par exemple celle de la langue. Mais avec le temps, le converti arrive à apprendre un mot, des mots, des phrases…etc., la preuve est que mes amies converties ont appris et continuent à progresser en arabe.

Il faut toujours relativiser quand vous écrivez quelque chose. Et sachez qu’elles sont volontaires et impliquées : elles en redemandent.

Vous avez dit qu''il n'y a pas de" transition ni préparation", peut être, … mais si cela arrive … c'est bien parce que la conversion provient du fond du cœur. Il n'y a pas de "bouleversement spirituel", il faut plutôt parler, lorsqu'il s'agit de l'islam, de l'acquisition de la sérénité spirituelle. En ce qui concerne la culture, j'aimerais vous dire que tous les convertis sont ravis de connaitre la culture arabo-musulmane.

Vous avez comparé le converti à « l'olivier » qui « ne devient pas pommier »
C’est comme si vous insinuez que le converti ne sera jamais un vrai musulman et là, vous n’avez pas le droit d’affirmer une chose pareille parce que vous n’avez pas la faculté de juger de la foi de chacun, ni de lire ce qu’il y a dans leur cœur.

Imaginez une personne qui lit cela, je parle bien d’une personne qui n’est pas musulmane…qu’elle serait sa réaction ?


L'islam c'est la "FITRA" c'est-à-dire INNE. On naît musulman, par la suite soit on reste musulman, si c’est notre destin, soit on adopte une autre religion et c'est à ce moment là que " l'olivier devient pommier". Ce que vous appelez "moment fatidique", pour le converti c'est le bonheur, la tranquillité de l'âme, la sérénité. Si certains français quittent la France, c'est pour qu’ils puissent vivre, à 100%, leur foi. L'islam n'est pas uniquement une " preuve évidente de vitalité de l'islam en occident " mais aussi une preuve de sa vérité. L'islam est une religion vraie et parfaite.


J’ai soulevé ce propos : « Ce changement de cap correspond bien souvent à une volonté de tourner le dos à un passé difficile parfois douloureux »
Vous avez dit « bien souvent » ce qui laisse comprendre que pour la majorité l’islam n’est qu’un refuge ou un moyen pour résister aux difficultés. Ce qui ôte à ce dernier ( l’Islam) son caractère spirituel.

Cette phrase aussi « Olivier devient Abdallah, il se fait circoncire, se marie et a beaucoup d’enfants. » ( vous faites une relation avec la fin positive des contes de fées ???)
Monsieur, Olivier n’est pas obligé de prendre un nouveau prénom qui symbolise « sa conversion », votre propos insinue le contraire, donc que c’est obligatoire.
Quand un converti est adulte à sa conversion, il n’est pas obligé non plus de se faire circoncire, pour la simple et bonne raison que la pudeur préconisée en Islam fait que personne ne doit voir le sexe de l’autre ( sauf entre époux et dans le cas de maladies).
Et enfin, il n’est pas obligé d’avoir beaucoup d’enfants (sauf s’il le désire).

En résumé : nulle contrainte en religion, mais lorsque qu’il s’agit de la foi, il convient de rentrer dans la norme.

Par faute de temps, je m’arrête à ces quelques citations de texte. Mais il reste beaucoup de chose à dire…

Vous avez fait beaucoup d'efforts pour altérer la réalité de la conversion des français, mais cela ne reste que des efforts, l'islam est dans les coeurs et les esprits. Un converti ne pense pas comme vous parce qu'il adopte la vision du monde de l'islam, c'est la raison pour laquelle les problèmes que vous avez évoqués ne reflètent pas la réalité.
Vous avez essayé d'altérer la réalité, mais vous n'arriverez jamais parce que l'islam est fort par ses principes et ses objectifs (amour et fraternité).
SALAM ALAIKOUM

3.Posté par Samuel le 25/05/2009 12:46
Salaamaeleykoum wr wb,

tout d'abord il serait mieux de dire une personne qui a embrassé l'islam et non un converti!

Ce sont les fichiers informatique que l'on coverti pas des humains.

Ensuite, sachez que rien n'est difficile pour celui a qui l'Unique façilite la chose.

ps les fautes de vocabulaires s'explique : je suis flamand

4.Posté par Catherine le 12/08/2009 21:13
asSalamou'alaykoum

je vous remercie pour l'article, et je n'y ai pas vu une critique de ma religion, même si les compléments apportés sont intéressants.
J'ai embrassé l'Islam il y a 12 ans, à Nantes, et je peux témoigner que les difficultés que vous évoquez sont réelles, plus ou moins selon l'endroit de France où vous résidez semble-t-il.
Bien sûr, un accueil chaleureux nous est fait à la Mosquée, et plus important, le rite obligatoire que nous souhaitons apprendre nous est enseigné, donc il n'y a plus qu'à dire : Al Hamdu Lillah, nous n'avons besoin de rien d'autre.
Néanmoins, la communauté ne peut que se renforcer à mieux se connaître, et en tant que femme en particulier, sauf à témoigner d'une volonté de maghrébisation radicale, nous sommes considérées dans les relations quotidiennes (en dehors des Mosquées) comme des sortes d'ambassadrices de France, c'est-à-dire à la fois avec beaucoup de respect et beaucoup de distance Al Hamdu Lillah : un chemin de solitude, certes, de la douleur mais bien heureusement protégé par Celui qui déjà nous a guidé jusque là. La science, la découverte de toute notre histoire musulmane, le militantisme, la découverte du Sacré dans notre vie quotidienne sont parmi les bienfaits qu'Allah offre même et particulièrement à ceux qui sont placés à l'extrême bord de la Oumma. Et je ne dis rien d'une démarche plus profonde, qui nous apprend à aimer le Prophète (PBDSL).
Obligée de réfléchir à cette question de ma place dans la communauté, je me fais la réflexion que nous sommes à un moment de l'histoire où les musulmans nés en France de familles musulmanes étrangères n'ont pas réalisé combien ils sont français, dans leurs réactions et dans leurs humeurs, et combien à partir de cette appartenance l'Islam peut être revivifié, à partir de ces universaux qui nous sont enseignés dans les écoles, et qu'il n'appartient plus qu'aux citoyens de saisir pour une meilleure application. Or, en cela comme en ... tout, l'Islam est l'instrument de la Victoire par excellence, la victoire au sens d'ouverture (=traduction littérale du mot Fatah), dans la paix.
Oui, nous avons la chance insigne de voir nos droits fondamentaux acquis, pour ceux qui résident en Europe de façon régulière et permanente, et l'aide que nous pourrons apporter à nos frères lointains qui souffrent de leur absence de droits, c'est à titre de Zakat que nous pouvons le faire. Oui, il existe encore un courant largement majoritaire de personnes musulmanes qui se sentent étrangères en France, de par les discriminations subies et rarement combattues, et la fidélité à la nation originelle des parents ou grands-parents est alors perçue comme le garant de l'intégrité de la foi.
J'espère que notre communauté comprendra bientôt combien notre amour va à ceux d'entre nous, musulmans, qui ont souffert de la politique coloniale de la France, combien nous leur rendons hommage, et que se sentir français ce n'est pas renier ces nobles âmes mais bien au contraire les honorer. Là où les travailleurs immigrés des années 50 n'avaient pas les moyens de se défendre quand ils étaient injustement attaqués, ces moyens nous sont acquis désormais, et notre devoir de musulmans, de les saisir, au moins de temps en temps.
Enfin, les convertis sont là pour aider la communauté à ne pas se sentir agressée par les tentations illicites, car nous sommes passés par là, dedans, à travers puis finalement au dessus, et cela est très facile ; ce qui est difficile, c'est l'ignorance. Et c'est Allah que nous craignons.
Merci de votre attention, bon Ramadan à tous.

5.Posté par Jean-Paul le 20/11/2009 11:10
Bonjour,

"On naît musulman, par la suite soit on reste musulman, si c’est notre destin, soit on adopte une autre religion et c'est à ce moment là que " l'olivier devient pommier". Ce que vous appelez "moment fatidique", pour le converti c'est le bonheur, la tranquillité de l'âme, la sérénité. Si certains français quittent la France, c'est pour qu’ils puissent vivre, à 100%, leur foi. L'islam n'est pas uniquement une " preuve évidente de vitalité de l'islam en occident " mais aussi une preuve de sa vérité. L'islam est une religion vraie et parfaite." lit-on ci-dessus.

On trouve ici l'intolérance générale propre à l'islam: un musulman n'a pas le droit de changer de religion sous peine de mort. Il n'a même pas la possibilité intellectuelle de ne pas croire . Par contre, un chrétien adopte un "bon chemin" en se convertissant.... Il n'existe qu'un seul et bon chemin ? Celui de l'Islam ? Quelle intolérance....

Combien de mosquées en France ? Combien d'églises en pays islamique ?

6.Posté par Gallomaure le 10/12/2009 18:02
Salam aleikoum.

Tout d'abord je tenais à vous signifier que je vous rejoignais à la lecture de votre intervention.

Vous parlez d'entre-deux, une situation nintermédiare riche mais inconfortable ; c'est bien réel.

L'islam connait des avatars culturels, soit de par son histoire, soit de part les mouvences naturelles au sein de la Umma.

L'islam le plus représenté en France, est l'Islam Malekite. Ce dernier est traditionnaliste, son école reconnaît comme source du droit, la Sira, le Coran, et les moeurs médinoises. Cette tendance est à mon sens, peu favorable au développement de l'esprit critique à l'Occidental.

Aprés avoir exploré les différentes obédiences, je suis arrivé à la conclusion que les pratiques les plus compatibles avec un esprits occidental sont le Chiisme et l'Alevisme ; ce dernier est souvent considéré comme une secte par les docteurs de la foi. Au sein du Sunnisme, le Hanifisme semble être le plus propres à s'épanouir en Europe.

Pour ma part, aujourd'hui je me demande si il ne faut pas que les Occidentaux créent leur propre courant. Un Madhab européen, permettrait certainement d'effacer cet inconfort qui caractèrise la vie du converti.
Parce que passer cet inconfort, pense-t-on sérieusement que l'Islam va redéfinir complétement le cadre culturel occidental, vieux de 2500 ans?

L'islam n'a même pas réussi lors de la conquête initiale à changer les Perses ; ils ont opté pour leur propre voie spirituelle : le chiisme. Mais qui sait aujourd'hui que les fondements intellectuels de l'Islam, ont souvent trouvé leur sources en Perse(Iran)?

L'Occident restera ce qu'il est. Nous devons sans doute réfléchir à la génèse d'un Islam nouveau, compatible avec nos canons culturels.
L'esprit critique est partie intégrabnte de notre quotidien, alors qu'il est souvent réfuté ou détourné en Islam actuellement. Ce ne fut pas toujours le cas.

Avant le 8 et 9éme siècle, les savants de l'Islam lisait librement et interprétaient sans être inquiétés le Coran et la Sira du Prophète (saw). Mais les fondamentalistes ont depuis lors procéder à la fermeture des sources de l'Islam à l'Ijtihad (interprétation des textes).

Depuis quiconque aura une lecture trop personnelle de l'Islam sera frappé d'anathème.

J'ai l'intuition que nous devons en Europe procéder à la réouverture des sources à l'interprétation critique et libre.

Le risque d'être qualifiés d'hérétiques est grand. Mais quand je considère les grandes manoeuvre des salafistes en Europe, qui propose un Islam simplifié, qui nie toute forme de liberté, qui soumet le croyant à un régime quasi totalitaire, et qui provoque le dégout de l'ensemble du monde occidental, je me dis qu'il est temps d'être courageux et d'agir.

L'Islam est autre chose qu'une notice mode d'emploi de l'écervelé, ou du parfait petit soldat.

L'Islam doit renouer avec ces racines occidentales (école d'Athène), et le faire savoir. C'est ici en Europe que cela peut se passer, cela doit se passer.

Alors qui sera le Martin Luther de l'Islam?

7.Posté par Jean-Paul le 10/12/2009 19:00
Je ne suis pas d'accord avec tout, mais vous prenez un bon chemin. Hélas, vous savez bien que l'islam refuse l'évolution et que vous serez effectivement qualifié d'hérétique. Dans les siècles passés ça vous aurait valu le supplice du pal.

Cette caractéristique immobiliste commune à toutes les religions en est caricaturale pour l'islam.

Je sais que les musulmans de base ne sont de braves gens. C'est grand dommage qu'on leur mente et qu'on les manipule.

8.Posté par Gallomaure le 10/12/2009 22:27
Jean-Paul, je vous remercie de bien vouloir m'indiquer que je serais sur le bon chemin (Siratha al mustaqim?) ...
Vous savez si vous acceptez cette idée que tout est immuable alors le sunnisme dans son expression la moins humaine, et la plus totalitaire aura gagné.

Un courant a été vaincu au moyen âge par ceux qui ont pensé le sunnisme actuel : le mutazilisme. Ce courant fondateur, contemporain à ses début des premiers califes, incorpore la dialectique de l'école de philosophie d'Athènes, la logique, le rationnalisme, des siècle avant Descartes ou Pascal.

J'ai l'intuition, que nous devrions réactiver ce courant si fécond et si conforme à notre construction occidentale.

Les juifs l'ont fait avant nous, ils ont fini par produire de grandes figures de la pensée occidentale (y compris Spinoza...). Certains d'entre eux contre leur propre orthodoxie. Sont-ils moins juifs pour autant?

Soyons honnêtes la seule chose qui nousretienne aujourd'hui c'est la violence des orthodoxes en Islam.

Choisir l'Islam ne devrait pas nous obliger à renoncer à notre mère...

Dieu reconnaîtra les siens. G.

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