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Nouvelles étapes d'une conversion : le récit de Noémie

Il y a deux années maintenant, Noémie publiait un article sur elkalam.com, témoignant de son parcours de convertie à l'Islam, de ses difficultés avec son entourage proche et du regard porté par la société sur ce choix spirituel. Noémie, revient aujourd'hui ave



Nouvelles étapes d'une conversion : le récit de Noémie
Je reprends la plume 2 ans et demi après mon premier témoignage. Je me relis en souriant : j'ai l'impression que mes "20 ans" sont tellement loin !!! J'ai l'impression d'être une toute autre personne, mais pourtant, à cette époque, j'instaurais les bases de ce que je suis aujourd'hui - et de ce que je serai demain.

Certes, le déroulement de ma conversion n'a pas changé - en effet, on ne revient pas dans le passé. Mais ma situation a bien évolué.

Je l'écrivais déjà, "ma pratique évolue de jour en jour, ma foi grandit également". Quand je regarde le chemin parcouru jusqu'à maintenant, effectivement, je vois mon cheminement comme un combat quotidien, comme un apprentissage de tous les jours.

En effet, avec un peu de recul et d'expérience, je me rends compte que le chemin de la foi est parsemé d'embûches. Le premier obstacle est la paresse : l'homme a tendance a être relativement passif et stoïc, à vouloir changer et grandir sans s'en donner les moyens. Mais dans la religion, il faut faire les "causes" nécessaires pour atteindre ses objectifs. Même si Dieu aide largement ceux qui veulent se rapprocher de Lui, il faut quand même se donner le courage de faire le premier pas. Et chaque étape franchie est un premier pas.

Mes premiers pas n'ont donc pas été sans difficulté. A chaque fois il faut lutter contre la peur, les préjugés (ou plutôt la peur des préjugés!), les critiques de l'entourage et le conformisme. Il faut lutter contre les doutes qui peuvent se présenter, et contre sa propre tendance à l'attente passive.

Depuis mon dernier témoignage, j'ai franchi une étape qui me tenait déjà à coeur : le port du voile. Cela fait maintenant 2 ans que je me suis couverte d'un habit de pudeur. Mais l'habit ne fait pas le moine, et souvent lorsque l'on franchi cette étape, on a légèrement tendance à se reposer sur ses lauriers. Ce fut mon cas durant 2 ans.

L'étape du voile a été beaucoup plus simple que je ne pouvais le penser. J'ai bien préparer ma famille, en leur expliquant clairement et patiemment en quoi consistait ce "bout de tissu". Je l'ai d'abord mis en pirate pendant plusieurs mois, et ensuite je l'ai mis "normalement".

Les réactions n'ont pas tardé : moqueries toujours, aggressivité également. Heureusement ma famille me soutient, même si elle n'est pas musulmane. Elle me soutient non pas dans le fait que porter le voile est une bonne chose, mais plutôt dans le sens où il faut s'avoir s'assumer et revendiquer ses opinions. Même si mes choix ne sont pas les leurs, ils considèrent que je dois vivre comme je le souhaite, du moment que je m'épanouis.

Je suis pourtant passée dans un autre monde, un monde où je ne peux plus faire "semblant" d'être "comme les autres", de vivre comme toute occidentale. Des lieux me sont implicitement interdits, certains comportements aussi. La pudeur ne s'arrête en effet pas à une tenue, mais c'est tout un mode de vie : ne pas parler de certains sujets, ne pas parler fort, ne pas sortir seule dans certains lieux ou à certains moments (le soir, etc).

Ce comportement, j'aurai du l'avoir avant de mettre le voile, mais il est devenu automatique depuis que je le porte. En effet, on se sent toujours observer et donc "juger", par les musulmans mais aussi pas les non musulmans - qui attendent de nous un comportement particulier, il faut donc montrer le bon exemple.

Je ne reviendrai pas sur les réactions négatives (et parfois violentes) dont j'ai été la victime de la part des non musulmans depuis que je suis voilée. Cela ne risquerait en effet de semer la confusion et de développer une sorte de rancoeur envers ceux qui, en toute évidence, ont l'esprit étroit et le coeur emitouflé dans l'ignorance. Même si l'islamophobie doit être combattue et dénoncée, ce n'est certainement pas sur le web que cela sera le plus efficace et pertinent.

Suite cette étape, comme je l'ai dit, j'ai eu un petit passage à vide, où l'apprentissage m'intéressait dans son concept mais pas dans sa pratique. J'ai alors eu un changement de vie, j'ai quitté ma région natale pour m'installer sur Paris, pour suivre mes études. J'ai été logé pendant plusieurs mois par une soeur fortement investie dans la religion. Elle m'a beaucoup apportée, aussi bien au niveau humain que religieux. J'ai donc rencontré des soeurs (beaucoup présente sur Paris), et je me suis crée un petit réseau d'amies. On ne se voit pas forcément régulièrement, mais nous restons en contact régulièrement. Quelque soit le sujet de conversation abordé, nous y intrégrons toujours une part de religion. L'Islam en effet, traite de tous les sujets possibles et imaginables.

Je me suis également mariée, il y a quelques mois de cela, avec un musulman d'origine marocaine. Nous essayons, sans mal, à avancer ensemble dans le dine et à apprendre toujours et encore. Ce n'est pas évident, chacun étant pris dans ses obligations et les taches à traitées, obligations matérielles certes, mais qui parfois prennent plus de place que le reste. Qu'ALLAH nous en pardonne. Amine.

Deux étapes importantes de la vie d'une musulmanes ont donc été franchies depuis mon dernier témoignage, hijab et mariage. Le prochain sera certainement la fondation d'une famille, que nous n'envisageons pas dans l'immédiat, mais Dieu Seul sait ce que l'avenir nous reserve. Le voyage à La Mecque est également dans nos projets futurs - mais relativement proche (enfin nous l'espérons insha'ALLAH).

Je remercie également tous ceux qui ont essayé de me joindre suite à la publication de ce témoignage. Je n'ai pu malheureusement donné suite à tous vos mails. Baraka Allahou fikum

Samedi 13 Septembre 2008
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