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Que reste t-il du Commandant Massoud ?


Rédigé le Jeudi 8 Novembre 2001 à 22:21 | Lu 1826 fois |


Le commandant Massoud nous a quitté il y a deux années déjà. Que reste t-il de son action dans nos mémoires ?



Que reste t-il du Commandant Massoud ?
N'oublions pas !!

La prolifération d'ouvrages sur le commandant Massoud, deux ans aprés sa mort, perpétue la légende. Mort sous les coups des émissaires d'el Qaida, le célebre Lion du Panshir reste vivant dans nos coeurs et dans celui de tous ceux qui se sont un temps soit peu penchés sur l'homme. Etrange destin que celui de ce combattant tombé presqu'en même temps que le mythe de l'Amérique invincible. Venus quelques mois avant sa disparition, demander l'aide politique et humanitaire aux "sourds européens" contre la menace talibanne, il fut éliminé comme on élimine un symbole. Celui de la résistance acharnée contre le fanatisme de groupes religieux, contre l'ingérence des puissances extérieures, contre la force brutale de l'URSS, contre le despostime du communisme.

Cet homme a été de tous les combats durant toute sa vie. Pendant que les diplomates américains et européens s'acharnaient à faire fléchir l'Ours soviétique, confortablement installés dans leurs fauteuils de politiciens, lui se battait, armes à la main, pour empêcher l'armée rouge de continuer ses atrocités en Afghanistan. Combien en a t-il vu des femmes violées, des enfants mutilés par les mines en forme de jouet que les hélicoptères faisaient voler au dessus des villages ? Il connaissait mieux que personnes la fureur propagandiste des combattants d'Al Qaida. Il avait prévenu...et il avait tendu la main...En fin stratége et militaire qu'il était, il entendait, il connaissait l'existence de ses camps d'entraînement en Afghanistan et il savait à quoi ils étaient destinés. Il supposait qu'une alliance était possible avec la vieille Europe moins impliquée que les Etats-Unis dans la région. Mais, mais..... personne ne l'a entendu sauf peut-être une poignée d'intellectuels dont certains étaient probablement plus motivés par une photo au côté du mythe que d'être ses porte-parole auprés des décideurs.

Et puis vint ce funeste mois de septembre 2001 où le Lion tomba. Une seconde d'inattention durant ces 30 années de combat lui couta la vie. Le pillier de la résistance afghane, celui auquel tout le monde s'accrochait quand il n' y avait plus d'espoir , s'ecroula comme un mauvais présage. Personne n'y crut comme personne n'en crut ses oreilles aux premiers fracas de l'écroulement des tours jumelles newyorkaises. Comme un incroyable concours de circonstances, la disparition de ce rempart coincida avec l'attaque la plus meutrière que le monde occidental ait connu depuis la fin de la 2e guerre mondiale. Incroyable peut-être mais pas imprévisible car il n'avait cessé de prévenir tous ceux qu'il l'avait approché. Il n'était pas un devin ni un prophète, juste un fin un stratége militaire désireux d'éviter le pire à des innocents.

Cette coincidence troublante mais néanmoins réelle sonne à nos oreilles et à celles de nos décideurs, si tenté qu'ils aient un peu de sensibilité, comme un avertissement : ne sous-estimons pas le combattant de la liberté qui du haut de sa montagne nous appel à l'aide et nous prévient, car il est peut-être le dernier à nous prévenir avant que son malheur ne nous atteigne.




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