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  <title>Elkalam.com</title>
  <description><![CDATA[Elkalam.com se propose de donner un point de vue nouveau sur le monde musulman et l'Islam francophone. Sortir des sentiers battus et s'intéresser à des sujets délaissés par les médias, déconstuire une vision du monde musulman soit trop idéalisée soit trop négative, tels sont les objectifs du site Elkalam.com]]></description>
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  <itunes:subtitle>Débridez votre esprit</itunes:subtitle>
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   <title>Mounir Bashir, virtuose du 'oud</title>
   <pubDate>Sun, 07 Apr 2013 13:05:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>nicolas Lalande</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Art et cuture]]></dc:subject>
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   Par sa technique exceptionnelle, sa justesse d'intonation, son inventivité et sa grande sensibilité, Munir Bachir est devenu le maître incontesté du luth arabe contemporain, forçant respect et admiration des plus grands musiciens
Par sa technique exceptionnelle, sa justesse d'intonation, son inventivité et sa grande sensibilité, Munir Bachir est devenu le maître incontesté du luth arabe contemporain, forçant respect et admiration des plus grands musiciens     <div>
      
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     <br style="clear:both;"/>
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      <img src="http://www.elkalam.com/photo/art/default/1060577-1342521.jpg" alt="Mounir Bashir, virtuose du 'oud" title="Mounir Bashir, virtuose du 'oud" />
     </div>
     <div>
      La première écoute d’un de ses solos met son auditeur en contact avec un monde musical inédit, peuplé de sons et de notes qui trouvent une résonance au plus profond de l’âme.               <br />
               <br />
       On a peine à décrire ce que l’on peut sentir bouger au fond de soi lorsque l’on entend ce son, véritable essence des méditations de celui qui le produit. Mounir Bashir fait partie des grands musiciens car il a su donner à sa musique un sens universel, qui peut être compris par tous les cœurs et tous les esprits en quête d’Absolu. Les mélodies du luthiste ont fait le tour des scènes du monde entier, de Paris à Mexico, de Budapest à Pékin, imposant un style et rendant ses lettres de noblesse à un instrument trop souvent relégué en simple accompagnement de voix au milieu des derbouka et autres violons. Alors que l’heure était au triomphe des célébrités égyptiennes, Mounir Bachir dérouta, séduisit puis conquit un large public par l’unique effet de ses doigts sur les cordes de son instrument. Tel un archer visant au cœur de sa cible…..chaque note tombe sur l’auditeur comme une goutte d’inspiration, redonnant une vie éphémère à une sensation lointaine, inconnue…tout en s’adaptant parfaitement à l’instant présent. Nombreux sont les artistes ou les groupes de musique traditionnelle arabe qui lui sont redevables d’avoir remis au goût du jour et au centre de la scène, l’instrument. Julien Jalladine Weiss, le maître mondialement reconnu du qanoun, fut tellement bouleversé à l’écoute d’un disque de Mounir Bachir, qu’il décida, en 1976, de donner un nouveau sens à sa carrière de musicien et d’explorer le riche univers de la musique micro tonale orientale. Il nous confie : « Munir Bashir est à l’origine de ma passion pour la musique savante arabe ….devenus très proches amis dés 1984, j’ai fait de nombreux séjours à Baghdad pour étudier avec lui et d’autres musiciens le maqam irakien. Il me présentait un peu comme son fils…Lors de ses funérailles en 1997, j’ai joué de mon qanun sur sa tombe ».Mais laissons un autre grand admirateur, le peintre Ahmed Ben Youssef , nous donner son sentiment à l’égard de l’artiste :       <br />
               <br />
       « La contribution de Mounir Bashir à la musique en général et au maqam en particulier est universellement reconnue par les musicologues et critiques comme par un vaste public à travers tous les coins du monde. Son génie réside dans la manière dont il a su préserver la pureté des sources et des traditions de la musique arabe tout en faisant évoluer celle-ci à travers une internalisation de l'émotion. L'émotion en tant que source de méditation qui passe à la fois par le cœur et le cerveau sans oublier les tripes. Il avait tous les trois et plus leurs intensités s'élevaient, avec l’harmonie qui était celle de son âme, plus le silence entre les sons de son luth devenait long et assourdissant pour ceux qui savent écouter les bruissements de la sérénité céleste.       <br />
       Qu’il est beau le silence qui dérange et qui silence tous les autres silences! Mounir Bashir avait un grand respect pour son luth et tenait compte de ses humeurs - ce dernier le lui rendait fort bien. J’ai rarement vu une pareille symbiose entre un artiste et son instrument. On avait parfois l’impression qu’il ne jouait que pour son luth car il savait que personne ne pouvait le comprendre mieux que lui. Il l’a utilisé pour rentrer dans les cœurs, pour instruire les enfants et les adultes, et pour aider les victimes des discriminations, des injustices et des abus de pouvoir. Un militant sans armes sauf ceux des arrêts de son luth et le mitraillement d’un regard désabusé et dévastateur quand il se trouvait face à l’ennemi. »       <br />
               <br />
       Le morceau que vous écouter pendant la lecture de ces quelques lignes s’appellent Hanân. Il s’agit d’un magnifique duo entre Mounir Bashir et son fils Omar, héritier d’une longue et riche histoire musicale familiale. Comme un véritable messager de la musique traditionnelle arabe et plus particulièrement irakienne, ce virtuose du ‘oud sut transmettre non seulement à son fils mais également au plus grand nombre le goût de la musique savante.  On ne peut rester qu’admiratif en écoutant cet homme entrer en communion avec les six cordes de son instrument, inviter notre esprit et nos sens du bout de ses doigts à entrer en communion avec quelque chose d’universel, une mélodie ancrer au plus profond de notre conscience ; et tout cela avec une simplicité déconcertante.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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      <OBJECT classid="clsid:D27CDB6E-AE6D-11cf-96B8-444553540000" codebase="http://fpdownload.macromedia.com/get/flashplayer/current/swflash.cab" id="Player_17d4cdab-7690-499f-a274-7c8e283b5015"  WIDTH="430px" HEIGHT="324px"> <PARAM NAME="movie" VALUE="http://ws.amazon.fr/widgets/q?rt=tf_ssw&ServiceVersion=20070822&MarketPlace=FR&ID=V20070822%2FFR%2Felkalamcom-21%2F8003%2F17d4cdab-7690-499f-a274-7c8e283b5015&Operation=GetDisplayTemplate"><PARAM NAME="quality" VALUE="high"><PARAM NAME="bgcolor" VALUE="#FFFFFF"><PARAM NAME="allowscriptaccess" VALUE="always"><embed src="http://ws.amazon.fr/widgets/q?rt=tf_ssw&ServiceVersion=20070822&MarketPlace=FR&ID=V20070822%2FFR%2Felkalamcom-21%2F8003%2F17d4cdab-7690-499f-a274-7c8e283b5015&Operation=GetDisplayTemplate" id="Player_17d4cdab-7690-499f-a274-7c8e283b5015" quality="high" bgcolor="#ffffff" name="Player_17d4cdab-7690-499f-a274-7c8e283b5015" allowscriptaccess="always"  type="application/x-shockwave-flash" align="middle" height="324px" width="430px"></embed></OBJECT> <NOSCRIPT><A HREF="http://ws.amazon.fr/widgets/q?rt=tf_ssw&ServiceVersion=20070822&MarketPlace=FR&ID=V20070822%2FFR%2Felkalamcom-21%2F8003%2F17d4cdab-7690-499f-a274-7c8e283b5015&Operation=NoScript">Widgets Amazon.fr</A></NOSCRIPT>
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 	<itunes:summary><![CDATA[Par sa technique exceptionnelle, sa justesse d'intonation, son inventivité et sa grande sensibilité, Munir Bachir est devenu le maître incontesté du luth arabe contemporain, forçant respect et admiration des plus grands musiciens Par sa technique exceptionnelle, sa justesse d'intonation, son inventivité et sa grande sensibilité, Munir Bachir est devenu le maître incontesté du luth arabe contemporain, forçant respect et admiration des plus grands musiciens]]></itunes:summary>
 	<itunes:author>nicolas Lalande</itunes:author>
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   <title>Le Trio Joubran, un souffle venu de Palestine</title>
   <pubDate>Tue, 27 Oct 2009 17:16:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>nicolas Lalande</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Art et cuture]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Le Trio Joubran, trois frères issus d'une famille qui, depuis quatre générations, vit à travers le « Oud », le fabrique, le joue, l'aime. L'arrière grand-père, le grand-père, le père et maintenant, les trois frères Samir,  Wissam, et Adnan qui font de cet instrument un savoir, une passion, une vie...      <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.elkalam.com/photo/art/default/1671319-2253101.jpg" alt="Le Trio Joubran, un souffle venu de Palestine" title="Le Trio Joubran, un souffle venu de Palestine" />
     </div>
     <div>
      Leur maîtrise du «&nbsp;Oud&nbsp;» est singulière tout comme le sont l'harmonie et la synchronisation dont ils font preuve, chaque fois qu'ils se produisent sur scène devant des publics du monde entier, si différents mais unis devant autant d'authenticité et d'excellence. Côté percussion, le non moins excellent Yousef Hbeisch vient enrichir le Trio de rythmes qui épousent la mélodie et se fond dans les notes. Le Trio Joubran, trois frères de Palestine, musiciens mondialement sollicités, avancent dans leur art&nbsp;grâce à &nbsp;un énorme travail individuel et collectif, avec un grand amour et un plus grand respect de la musique et du public.<br><br><span style="text-decoration: underline;"><strong>L’aventure commence avec Samir </strong></span><br><br>Samir est né en 1973 à Nazareth, en Galilée. C'est à l'âge de cinq ans que son père l'initie au oud. La rencontre entre l'enfant et l'instrument est alors à l'image d'une rencontre amoureuse. A l'âge de neuf ans, Samir entre à l'Institut de Musique de Nazareth. En 1995, il achève ses études au prestigieux Conservatoire Muhammad Abdul Wahhab au Caire. Ses talents de musicien sont reconnus à travers les nombreux ateliers et séminaires musicaux auxquels il participe dans plusieurs pays arabes et européens. Samir Joubran donne ainsi des cours de oud dans de nombreuses écoles et instituts. L'aventure des Joubran commence avec Samir, soliste novateur. En 1996, sort le premier album de Samir, Taqaseem, qui sera suivi de Sou'fahm en 2001. Sa première collaboration avec le label Daqui (label des Nuits Atypiques de Langon) paraîtra en 2002 : l'album Tamaas. Il se met à sillonner les scènes du Moyen-Orient puis celles de l'Europe. Samir est alors le seul palestinien à se produire hors frontières. Il est également le premier musicien à avoir reçu une bourse de deux ans en Italie, grâce au programme d'asile des écrivains organisé par le Parlement International des Ecrivains pour les années 2003-2004. Partout célébré pour la virtuosité de son jeu, il se voit très rapidement sollicité pour de nombreuses collaborations, notamment avec de grands poètes tels que Mahmoud Darwish . Le son et le mot mettent alors en exergue une poésie où mélancolie et passion s'entrelacent. Le talent musical de Samir Joubran est reconnu dans le monde cinématographique lorsqu'il participe à la collaboration de Ticket to jerusalem (2002), dont il signe la bande originale pour le cinéaste Rashid Masharawi. C'est ensuite que le réalisateur François Dupeyron fait appel à Samir Joubran. Trois titres de son album Tamaas sont retenus pour la bande originale de son film Inguélézi. Le réalisateur Parvez Sharma retient à son tour trois titres de Randana pour son documentaire A jihad for love (sortie prévue dans le courant de l'année). Après Randana, le premier album qui avait réuni la fratrie Joubran, Majâz, le nouvel opus sera présenté au public cet automne. C'est avec La Palestine au cœur et une volonté insatiable de faire parler le oud que Samir Joubran sillonnera le monde avec ses frères. « Nous avons deux combats à mener. L'un pour notre carrière et l'autre pour la paix en Palestine, la fin de l'occupation.»
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <span style="text-decoration: underline;"><strong>Wissam, musicien et luthier </strong></span><br><br>Wissam est né à Nazareth, en Galilée, en 1983. Son père l'inscrit à des cours de violon au conservatoire de Nazareth. C'est en observant et en écoutant son frère Samir jouer, qu'il se tourne à son tour vers le oud. Cet instrument aux formes généreuses, au ventre rond, lui est intimement lié. Son père Hatem, le voyant fusionner avec cet instrument, lui confectionne un petit oud pour l'anniversaire de ses neuf ans. Il commence par faire quelques concerts locaux en Palestine. <br>Puis le théâtre fait appel à lui pour la représentation de la vie de Moudaffar El Nawab, il y interprète le rôle d'un aveugle, joue du oud et chante. Wissam à l'âge de douze ans, saisit l'opportunité de faire s'évader ses rêves et son talent musical jusqu'à L'Institut du Monde Arabe de Paris où il partage la scène avec son frère Samir. En 2002 Wissam, toujours accompagné de son frère, vient jalonner d'interludes musicaux la lecture des poèmes de Mahmoud Darwish. <br>C'est avec l'album Tamaas que Wissam Joubran démarre sa carrière internationale. Nourri par cet univers musical, il est décidé à mettre en exergue le oud : il devient le premier étudiant arabe diplômé du prestigieux Conservatoire Antonio Stradivari, à Crémone en 2005. Wissam, tout comme son père, suit alors la lignée des maîtres luthiers. Il fabrique les trois ouds du Trio Joubran de ses propres mains, personnalisant chaque oud de façon à ce que chacun de ses frères ne fasse qu'un avec son instrument. <br>Maître luthier, joueur de oud, Wissam Joubran, convaincu d'une possible symbiose entre la tradition musicale arabe et la modernité du oud, porte en lui l'héritage de ses ancêtres tout en étant tourné vers l'avenir.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <span style="text-decoration: underline;"><strong>&nbsp;Adnan, un parcours atypique </strong></span><br><br>Adnan est né en 1985 à Nazareth, en Galilée. Le plus jeune des frères a un parcours bien atypique. Depuis son plus jeune âge, il veut être percussionniste. Le oud n'a cependant pas tardé à l'appeler auprès de lui. C'est à ses quinze ans que le désir d'en jouer se fait de plus en plus grand. Durant deux ans, en autodidacte et avec l'aide de ses aînés, Adnan s'exerce à cet instrument. Dès son retour du lycée, il prend le oud de Wissam, y fait voyager ses doigts sur les empreintes de son frère en jouant les mélodies de Samir. Le père, Hatem, encourage son fils Adnan à passer des concours : il fait partie des cinq lauréats d'un concours organisé en Palestine. Le premier public d'Adnan, ce sont les clients de son père. De retour de tournée, Samir évoque le projet d'un trio. Adnan fait de cette idée une ambition et durant un an, il travaille avec passion et rigueur. C'est ainsi qu'en Août 2004, le Trio Joubran voit le jour à Paris au Jardin du Luxembourg. En duo avec son grand frère Samir, Adnan accompagne en musique la compagnie de danse Fattoumi-Lamoureux. En plus de sa carrière au sein du Trio, Adnan présentera cette année au public parisien un projet combinant la musique et le cirque portant le nom de EKO DU OUD.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <span style="text-decoration: underline;"><strong>&nbsp;A l’ombre des mots, un hommage à Mahmoud Darwish</strong></span> <br><br>Leur dernier spectacle, “<em>à l’ombre des mots</em>”, est un hommage monumental à la poésie de Mahmoud Darwish dont la voix est accompagnée par les notes subtiles des luths des trois frères. Un réel hommage en effet, car les instruments ne sont là que pour mettre en valeur le timbre puissant et les paroles envoutantes du poète. Faisant preuve d’un immense humilité sur scène, les trois artistes s’effacent et font vibrer les cordes de leur instrument dans un total dévouement aux poémes de Darwish. <br><br><em>“Il est difficile pour nous de parler de l’œuvre que nous avons intitulée « A l’ombre des mots »&nbsp; car c’est en fait à l’ombre d’un homme que nous avons accompagné pendant plus de douze ans, que nous avons aimé et respecté… Un homme dont nous attendions une parole, une lettre, une note, une phrase pour nous enchanter et nous ramener à l’espoir, son espoir, lui, qui, du royaume du verbe, a incarné le nationalisme, la révolution, la foi dans la terre, cette terre sainte, sa Palestine</em>.” <br><br>Le Trio Joubran, grâce à une maîtrise parfaite de leur art, réussit ainsi à nous emporter dans le monde subtil des mots du poète, et aussi dans celui des maux de sa patrie, la Palestine.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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      <p></p>
<p></p>
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   <title>L'ensemble Rabi'a, entretien avec Marie-Hélène Dassa</title>
   <pubDate>Tue, 19 Feb 2008 09:52:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>nicolas Lalande</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Art et cuture]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   L’ensemble Rabi’a, du nom de la célèbre sainte soufie du 8e siècle Râbi’a al-Adawiyya, s’est constitué dans le sud de le France en octobre 2003. Il est composé de femmes issues d’horizons culturels divers (France, Afrique de l’ouest, Maghreb, Andalousie), toutes disciples d’une voie soufie marocaine, très présente en France, la voie Qadiriya Boudchichiya. Avec Marie-Hélène Dassa, nous revenons sur l'activité de cet ensemble et plus généralement sur la place du chant dans cette voie spirituelle.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.elkalam.com/photo/art/default/1065559-1349923.jpg" alt="L'ensemble Rabi'a, entretien avec Marie-Hélène Dassa" title="L'ensemble Rabi'a, entretien avec Marie-Hélène Dassa" />
     </div>
     <div>
      <b>Elkalam.com : Pourriez vous nous expliquer comment s’est constitué l’ensemble Rabi’a et depuis quand existe t-il ? Pourriez vous rappeler brièvement à nos lecteurs qui est Rabi’a dans la tradition islamique ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Marie-Hélène Dassa</b> : L’ensemble Rabi’a, du nom de la célèbre sainte soufie du 8e siècle, a été créé dans le sud de le France en octobre 2003. Il est composé de femmes disciples d’une voie soufie marocaine, la voie Qadiriya Boudchichiya, et issues d’horizons culturels divers (France, Afrique de l’ouest, Maghreb, Andalousie).       <br />
       Ne maîtrisant pas toutes initialement la langue arabe, ces choristes ont appris progressivement les techniques séculaires de l’interprétation mélodique de poèmes appartenant au registre de la tradition soufie, notamment lors des séances rituelles de sama’ auxquelles elles participent régulièrement. Cette lente imprégnation permet aujourd’hui à l’ensemble Rabi’a de proposer à un large public un aperçu de l’extraordinaire patrimoine artistique soufi. Leurs récitals a cappella alternent des chants tantôt rythmés, tantôt émouvants et nostalgiques. Il n’est d’ailleurs pas nécessaire de connaître les spécificités de la tradition soufie ou de la langue arabe pour apprécier leur prestation : il suffit de se mettre à l’écoute et de se laisser emporter.       <br />
       Rabi’a al-Adawiya est une saint soufie médiévale (2e siecle de l’hégire) . Selon la tradition, elle introduisit dans le soufisme très ascétique de l'époque la notion de l’amour absolu envers Dieu.       <br />
       C’est à elle que l’on doit la fameuse parole : « Je traverse le monde une torche dans une main et un seau d’eau dans l’autre. Je veux verser de l’eau dans l’enfer et mettre le feu au paradis afin que disparaissent ces deux tentures et que les hommes ne prient plus Dieu dans la crainte de l’enfer ou dans  l’espoir du paradis, mais uniquement par amour pour Lui. »       <br />
       Son nom a été opportunément repris par le groupe vocal que nous avons formé.
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      <b>Elkalam.com : Pourquoi avoir choisi le chant comme support à l’expression artistique et spirituelle ? Pourriez-vous nous préciser en quoi cet art fait partie intégrante de la tradition spirituelle musulmane ?</b>       <br />
               <br />
       <b>Marie-Hélène Dassa </b>: Lorsque la Parole divine se fit entendre, du temps où il n’y avait pas de temps, à travers Son Fiat (Kun), il en résulta l’existence. Ainsi la première chose que la création perçut de la Présence divine fut son Verbe. Cette perception de la Parole originelle s’appelle en langage soufi le sama', c'est à dire l'audition spirituelle. En écho à l'Ordre divin (Kun) l'univers fut créé pour louanger Dieu, le célébrer et le chanter comme nous le rappelle, à maintes reprises, le Coran : « Tout ce qui est sur la terre et dans les cieux célèbre les louanges de Dieu, et les oiseaux aussi en étendant leurs ailes » (Cor.24, 41). Ailleurs, la Parole divine nous apprend que le tonnerre (Cor.13, 13), la terre et les cieux (Cor.17, 44) chantent sa louange. Le Coran nous révèle également que les éléments de la nature prenaient part aux chants sacrés du Prophète Daoud. En effet, nous instruit-il : « Nous avons contraint les montagnes et les oiseaux à se joindre à David pour proclamer Nos louanges, c’est Nous qui avons fait cela » (Cor. 21, 79).       <br />
       L’être humain a une position particulière au sein de cette célébration universelle. Écoutons de nouveau la Parole Coranique : « …Il n’y a rien qui ne célèbre ses louanges, mais vous ne comprenez pas leurs louanges. Dieu est plein de mansuétude et Il pardonne » (Cor.17, 44). La méconnaissance par l’Homme du langage de la célébration universelle fait partie de son passif, à savoir l’oubli de ses origines sacrées. L’avènement des Prophètes  a eu, de tout temps, pour mission de nous sensibiliser à cette invocation universelle et de nous rééduquer au langage des louanges. Les éducateurs soufis ont pour fonction de nous rappeler le sens de cette mission.       <br />
               <br />
       Du temps du Prophète de l’Islam (sur lui la Grâce et la Paix de Dieu), le chant sacré était une pratique reconnue et agréée. Rappelons l’épisode de Abou Moussa al-Achcari qui récitait un jour le Coran d'une voix mélodieuse alors que le Prophète l'écoutait. Lorsqu'il eut fini, le Prophète le félicita pour sa belle voix et l'assura qu’Allah lui avait donné un mizmar (une flûte) comme celui de Daoud (sur lui la Paix). Les poèmes chantés en l’honneur du Prophète furent aussi agréés. Que dire du réputé accueil à Seyyidûna Mohammed par les ansars de Médine ou encore de la participation du Prophète à un chant collectif - sama'- lors de la construction de la mosquée de Médine ?       <br />
               <br />
       Le sama’ n’est pas un spectacle, mais la manifestation de l’esprit d’une communauté qui s’assemble pour évoquer et pour invoquer, afin de toucher à une réalité que celle perçue à partir d'un état de conscience ordinaire.       <br />
               <br />
       Le sama’ engage celui qui interprète le chant comme celui qui l'écoute       <br />
        « Je ne suis qu’une chanteuse ,» dit la tradition » j’écoute l’oiseau, ce que l’arbre dit à l’oiseau et ce que le vent dit à l’arbre ».       <br />
       Savoir écouter et surtout savoir entendre cette louange, c’est, par delà le sens apparent, par delà les mots, entendre l’esprit.       <br />
               <br />
       Tout au long de l’histoire de l’islam, les chants soufis ont été récités dans les voies soufies. Ils sont également chantés dans la tarîqa Qâdiriya Boudchîchiya qui, aujourd’hui, représente cette tradition soufie toujours revivifiée. Parmi toutes les pratiques spirituelles de la voie (lecture du Coran, dhikr) destinées à conduire le disciple vers l’accomplissement, le sama', tient une place importante. Dans cette voie il se fait a capella, donc sans instrument, et achève les réunions de dhikr. Ces chants peuvent être composés par des disciples de la voie ou bien être empruntés au répertoire universel de la poésie soufie (Shustari, Ibn al-Farid, Hallaj, Rabi‘a al-Adawiyya).
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      <b>Elkalam.com : A vous lire, le chant tel qu'il est pratiqué par l'ensemble Rabi'a n'est pas simplement l'expression d'une relation à Dieu, mais fait véritablement partie intégrante d'une spiritualité ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Marie-Hélène Dassa</b> : Les qasaïd font en effet partie des réunions rituelles de notre tariqa. Elles ont pour thématiques :  l'amour du Prophète (sur lui la Grâce et la Paix de Dieu) , le cheminement du disciple et les étapes de la voie,  car le sama' est un moyen de transcendance qui permet aux disciples de s’orienter vers la Source divine.       <br />
               <br />
               <br />
       <b>Elkalam.com : Vous parlez du chant à a acapella, mais la musique d'une façon générale peut-elle également avoir ce rôle de toucher les coeurs et d'ouvrir les esprits ? Elle est souvent qualifiée de &quot;dangereuse&quot; parce qu'ouvrant la voie à certains excès, qu'en pensez vous ? Spiritualité et musique font-elles finalement bon ménage ?</b>       <br />
               <br />
       <b>Marie-Hélène Dassa :</b> Comme toute pratique  spirituelle,  le sama' a ses règles et celles-ci constituent une protection contre les dérives possibles.  « Commettre une faute durant le sama’ est pire que de calomnier quelqu’un durant des années. » disait Suhrawardî.       <br />
       Selon Abû ‘Amr Ibn Junayd, la notion de faute revêt plusieurs sens :       <br />
       ·        Pratiquer le sama’ dans le seul but de se distraire,       <br />
       ·        Pratiquer le sama’ dans une intention ostentatoire,       <br />
       ·        Rechercher dans le sama’ l’extase pour elle-même ou la simuler.       <br />
              <br />
       Ce qui est dangereux est donc de perdre l'intention de la louange, l'aspiration à  la rencontre, la nécessité de l'effacement du moi. Ainsi que le disait  Dhû-I-Nûn al-Misri : « Le sama’ est une véritable inspiration qui meut le cœur vers la vérité. Il doit être écouté en esprit en vue d’approcher la vérité. Car celui qui l’écoute avec son âme charnelle (nafs) tombe dans l’hérésie ». Ainsi, ce n'est pas la musique qui est dangereuse en elle-même, mais  l'intention de ceux qui la produisent ou de ceux qui l'écoutent.       <br />
       Par exemple, la musique du ney (flûte) nous ramène à cet intense sentiment de nostalgie que ressent tout être humain exilé de sa demeure céleste, mais ce même ney pourra seulement être  celui dont le coeur n'est pas préparé, une simple émotion esthétique ou sentimentale. Il en va de même de toute chose en ce monde, mais la musique n'est-elle pas d'abord cette expression de notre plainte infinie devant l'éloignement de l'Aimé?
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      <b>Elkalam.com :  Est ce que l'ensemble Rabi'a interprète ses propres chants ou des chants appartenant déjà à la tradition ? Existe-t-il des règles d’écriture et d’interprétation des chants soufis ?</b>       <br />
               <br />
       <b>Marie-Hélène Dassa</b> : L’ensemble Rabi’a interprète des chants traditionnels et des chants composés par des membres de la voie Qadiriya Boudchichiya dont certains appartiennent à cet ensemble.       <br />
       L’écriture est d’abord et surtout une écriture inspirée qui évoque pour le disciple des allusions spirituelles qui le toucheront selon son niveau de compréhension. Cependant, comme le disait Abd al-Qader al-Jilani, le pouvoir du mot est au-delà même de l’entendement humain. De même, celui dont le cœur comprend ces allusions manifeste parfois des états sprituels ainsi que le rapporte le Coran:       <br />
       « Et lorsqu’ils écoutent ce qui est révélé au Prophète, tu vois leurs yeux fondre en larmes en raison de ce qu’ils connaissent de la Vérité… » (Cor 5,83)        <br />
       Concernant les règles d'interprétation, l’harmonie ou la synchronisation des voix, qui est le reflet de l’union des cœurs, agit sur l’âme et l’esprit des auditeurs. C’est pour cela que ce qui prime est l’unité des cœurs et que, dans les séances rituelles, le dhikr précède le chant afin de permettre la concentration et la purification des cœurs qui sont nécessaires à l’interprétation.       <br />
               <br />
       <b>Elkalam.com : Quel accueil rencontrez vous au sein de la communauté musulmane et auprés du public non-musulman ?</b>       <br />
               <br />
       <b>Marie-Hélène Dassa </b>: Aujourd’hui, en cette période difficile de débordement de la matière sur l’esprit (ar-Rûh), le chant soufi peut prédisposer à découvrir la religion de Dieu, à aimer les textes sacrés (Coran ou Hadith) et à y pénétrer. Les sages soufis disent : « Le sama’ adoucit les cœurs endurcis, éveillent les âmes négligentes de leur sommeil d’insouciance et les esprits égarés de leur somme d’ignorance. Il leur fait désirer le monde spirituel et les fait sortir du monde de la causalité et de la corruption. Il les sauve de la submersion de l’océan de la matière et les délivre de la prison de la nature». Les soufis ajoutent : « Nous avons tous entendu cette musique au Paradis ».  C'est pourquoi le sama' a le pouvoir de toucher les âmes, là où les discours sont impuissants à le faire, et de les aider à entrer dans cet espace d'Amour et de Paix auquel convie le Message divin.       <br />
       Toute âme aspire à l’union, celle qui écoute le sama’ avec sincérité est emportée vers Lui. C’est pourquoi l’accueil du public est toujours bienveillant et chaleureux.
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 	<itunes:summary><![CDATA[L’ensemble Rabi’a, du nom de la célèbre sainte soufie du 8e siècle Râbi’a al-Adawiyya, s’est constitué dans le sud de le France en octobre 2003. Il est composé de femmes issues d’horizons culturels divers (France, Afrique de l’ouest, Maghreb, Andalousie), toutes disciples d’une voie soufie marocaine, très présente en France, la voie Qadiriya Boudchichiya. Avec Marie-Hélène Dassa, nous revenons sur l'activité de cet ensemble et plus généralement sur la place du chant dans cette voie spirituelle.]]></itunes:summary>
 	<itunes:author>nicolas Lalande</itunes:author>
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