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  <title>Elkalam.com : débridez votre esprit</title>
  <description><![CDATA[Elkalam.com se propose de donner un point de vue nouveau sur le monde musulman et l'Islam francophone. Sortir des sentiers battus et s'intéresser à des sujets délaissés par les médias, déconstuire une vision du monde musulman soit trop idéalisée soit trop négative, tels sont les objectifs du site Elkalam.com]]></description>
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  <language>fr</language>
  <dc:date>2010-09-03T11:52:19+02:00</dc:date>
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   <title>L'identité du Minaret</title>
   <pubDate>Thu, 24 Dec 2009 14:31:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Mehdi Moussaoui</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Posée par un étranger, la question, «Qu'est-ce qu'être français?», vaste sujet par ailleurs, aurait manifesté le désir de découvrir la culture et l'histoire de France. Posée par un «fraîchement» français, elle traduirait la volonté d'intégration de ce dernier. Mais conçue et débattue par un français de «souche», une telle interrogation interpelle ce même étranger     <div>
      <strong><span style="text-decoration: underline;">Face à une question biaisée </span></strong><br /><br />Posée par un étranger, la question, «<em>Qu'est-ce qu'être français?</em>», vaste sujet par ailleurs, aurait manifesté le désir de découvrir la culture et l'histoire de France. Posée par un «fraîchement» français, elle traduirait la volonté d'intégration de ce dernier. Mais conçue et débattue par un français de «souche», une telle interrogation interpelle ce même étranger. <br /><br />En effet, «<em>Pourquoi un peuple d'une très longue et riche Histoire qui a inspiré tant de peuples, en est arrivée à se poser une telle question en 2009?</em>». Ce qui inquiète d'autant plus le «français pas de souche» puisque ce dernier endosse une identité qui, de par la question posée, semble ne plus savoir qui elle est. De ces deux remarques, on aboutit à une interrogation: Qu'est-ce qu'être français?» est-elle la bonne question? Les commentaires qui ont suivis «l'histoire du Minaret Suisse» ont permis de lever le doute. <br /><br />En effet, le Ministre de l'identité nationale et de l'immigration a ouvert le débat par une question biaisée. Est-ce pour masquer, mis à part le voile et la burqua, la question de la présence de l'Islam dans l'hexagone? Soit dit en passant, la question est tout à fait légitime. Depuis une vingtaine d'années, politiques et intellectuels occidentaux dissertent autour de l'hypothèse de la compatibilité de l'islam et de la démocratie. Servant souvent de voile, la laïcité a masqué la question sous-jacente: «<em>l'islam est-il soluble dans l'identité européenne et, en particulier, française</em>?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Avant d'être une question d'urbanisme, le minaret est une question ou…Un problème, de patrimonisation. Dans un siècle, le minaret aura t-il un rôle culturel dans «le patrimoine identitaire français»? C'est une question existentielle que le journal le Figaro, posa le 26 octobre 1985 en ces termes «...Révélés pour la première fois, les chiffres secrets qui, dans les trente années à venir mettront en péril les identités nationales et déterminent le sort de notre civilisation. Seront nous Français dans trente ans?...» <br /><br />Vingt quatre ans plus tard, tout en refusant les communautarismes, le 12 novembre 2009, à la Chapelle-en-Vercors, le Président de la République souligne ce qui est véritablement en jeu dans les termes suivants&nbsp;: <em>«À force de cultiver la haine de soi, nous avons fermé les portes de l'avenir. On est français parce qu'on regarde la chrétienté et les lumières comme deux versants d'une même civilisation.» </em>Sans oublier que des valeurs républicaines comme la citoyenneté et la laïcité ont joué un grand rôle, non sans mal, dans l'intégration du judaïsme pour en faire un «versant judéo-chrétien.»<br /><br /><!--[if gte mso 9]><xml> <w:WordDocument> <w:View>Normal</w:View> <w:Zoom>0</w:Zoom> <w:PunctuationKerning/> <w:ValidateAgainstSchemas/> <w:SaveIfXMLInvalid>false</w:SaveIfXMLInvalid> <w:IgnoreMixedContent>false</w:IgnoreMixedContent> <w:AlwaysShowPlaceholderText>false</w:AlwaysShowPlaceholderText> <w:Compatibility> <w:BreakWrappedTables/> <w:SnapToGridInCell/> <w:WrapTextWithPunct/> <w:UseAsianBreakRules/> <w:DontGrowAutofit/> </w:Compatibility> <w:BrowserLevel>MicrosoftInternetExplorer4</w:BrowserLevel> </w:WordDocument> </xml><![endif]--><!--[if gte mso 9]><xml> <w:LatentStyles DefLockedState="false" LatentStyleCount="156"> </w:LatentStyles> </xml><![endif]--><!--[if gte mso 10]> <![endif]--> <p style="margin-right: -23.4pt;"><span lang="FR">Cependant, quelles que soient les précautions verbales prises, le débat ainsi ouvert sous-entend que l'identité nationale est menacée et donc qu'il faut la protéger en réaffirmant ce qui la définit. Si «<em>haine de soi», </em>il y a, une telle réaffirmation permet-elle de s'en libérer? </span>  <br />
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      En tout cas, elle aide à désigner <em>«celui qui n'est pas dans l'un ou l'autre versant»</em> comme l'auteur du mal être. Ainsi, les réponses qui en découleront du débat définiront, de fait, une ligne de démarcation entre un «nous» et un «eux». Le rappel répété que cette identité s'inscrit dans les valeurs de la République ne dissipe nullement les inquiétudes ressenties par celui qui est ainsi mis à l'index. En d'autres termes, l'inquiétude des auteurs de la question existentielle «qu'est- ce qu'être français?» agresse celui qui ne l'est pas de «souche» parce qu'il est ainsi ramené à sa posture d'étranger. <em>A celui qui, enfin dévoilé, va définir la frontière qui va permettre de distinguer le dehors du dedans. Il est celui qui permet de s'enfermer dans un «entre nous.»</em> Et tout naturellement, le débat sur l'identité a officialisé une parole xénophobe que, entre autres, la Secrétaire d'Etat en charge de la famille flatte à l'aide de propos, élevée au rang de pensée. Pour couronner le tout, elle assume ses propos dans le village même de l'antidryffusard Maurice Barrés. Mais que pense la Secrétaire d'Etat du propos du buteur de l'équipe de France, de football, de la fuite financière de l'idole de la France et de dizaines de spéculateurs financiers français qui -eux- parlent «argent à l'endroit»?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <span style="text-decoration: underline;"><strong>Une réponse: idéologique, économique, sociale et culturelle<br /><br /></strong></span> Mais il ne faut pas pour autant sous estimer cette question existentielle car elle est la manifestation de la peur de l'autochtone, inquiet pour son «environnement social et culturel chrétien». Face à cette peur, l'argument de la laïcité est comme le bouclier sans l'épée. Il est nécessaire en tant qu'instrument d'ouverture et de pacification mais insuffisant. Insuffisant car cette peur est, avant tout, liée à un système idéologique et économique, inapte à produire de l'espoir et donc incapable de projeter l'être dans un devenir. Un système qui institutionnalise la précarité sociale pour le plus grand nombre et fragilise ainsi la cohésion sociale. Ceci d'autant plus que le discours politique qui légitime ce système, injecte dans la société toutes sortes de peur: sociale, sanitaire, écologique, sécuritaire...Culturelle … Face à cette idéologie qui diffuse une forme de «totalitarisme avec consentement», rien ne s'oppose véritablement qui exprime un espoir collectif.<br /><br /> <p style="margin-right: -23.4pt;"><span lang="FR">Pour l'étranger, l'identité française signifiait: droit à l'éducation, droit à la santé, protection sociale, droit du travail et services publics. Droits qui impliquent le devoir de les défendre en tant que citoyens jouissant de ses droits. C'est l'articulation entre ces droits et ces devoirs dans un cadre républicain laïque qui donnent un sens au triptyque«égalité, liberté, fraternité». En démantelant ses droit au nom de la liberté du marché et de la spéculation, le système en place affaiblit, justement, cette identité. En un mot, l'identité nationale est d'autant mieux portée que la solidarité nationale est forte et vivante. </span>  <br />
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      C'est pour cela que, à défaut d'un puissant mouvement politique et syndical capable de porter une espérance progressiste, les apprentis sorciers du système capitaliste n'hésiteront pas, si nécessaire, à désigner un bouc émissaire pour exorciser une angoisse sociale de plus en plus répandue. Certes, les partis politiques de gauche ont raison de dénoncer l'instrumentalisation de cette peur par la droite et son extrême mais contrairement à ceux que pensent certains responsables politiques, le débat ouvert ne peut plus être fermé. En revanche, elles ont tord de ne pas prendre en considération «cette peur» mais encore faut-il qu'elles aient à cœur de fonder un projet de société offrant une nouvelle perspective historique de progrès social et culturel qui entre autres , produira un «<em>nouveau sédiment dans les versants existants de l'identité française.» <br /><br /></em>Enfin, que penseraient de ce débat, le fusillé de l'affiche rouge, l'arménien Manoukian, les résistants algériens, Mohamed Lakhdar-Toumi qui intègre les Francs tireurs et partisans français (FTPF) de Paris rive droite, Salah Bouchafa qui meurt à Dachau le 6 avril 1944 sous le matricule 80233 ou encore le résistant Guinéen Ba Adi, plus connu sous le nom de Adi Ba,qui, dès le mois d'octobre 1940, intègre le réseau " Ceux de la Résistance "avec l'instituteur Froitier et le plombier Arburger, justement dans le Vercors? <br /><br />C'étaient des étrangers aux regards des occupants et des occupés et plus particulièrement des tenants de l'identité nationale.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <link>http://www.elkalam.com/L-identite-du-Minaret_a111.html</link>
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   <title>L'imamat, plus qu'une profession, une vocation</title>
   <pubDate>Tue, 22 Dec 2009 10:08:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>nicolas Lalande</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Le coin des lecteurs]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Sorti en novembre dernier, l'ouvrage Profession Imam revient sur le parcours et les nombreux champs de réflexion de Tarek Oubrou, Iman de la Grande Mosquée de Bordeaux. Un entretien qui mérite le détour tant les sujets sont abordés avec un esprit d'ouverture et une grande liberté de ton.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.elkalam.com/photo/1778344-2417197.jpg" alt="L'imamat, plus qu'une profession, une vocation" title="L'imamat, plus qu'une profession, une vocation" />
     </div>
     <div>
      <strong><span style="text-decoration: underline;">La vocation de l'imamat</span></strong><br /><br />En effet, à travers l'exemple de son parcours personnel, T.Oubrou ne laisse planer aucune ambiguïté quant aux difficultés, aux responsabilités et, parfois, aux pièges qui attendent tous ceux qui souhaitent prendre ce rôle au sein de la communauté musulmane. La fonction d'Imam demande une disponibilité, une écoute et une réflexion de tous les instants et ne peut guère s'accommoder avec d'autres responsabilités, professionnelles notamment.&nbsp; Il avoue lui-même avoir dû abandonner une partie de ses études pour assumer pleinement cette charge au moment où les responsables de la mosquée de Bordeaux firent appel à lui. Etre Imam ce n'est pas seulement être responsable de l'exécution des rites au sein d'un lieu de prières, ce n'est pas seulement dispenser une connaissance théorique, c'est surtout être avec ceux qui fréquentent ce lieu et avoir un discours, une pensée en accord avec la société dans laquelle ils vivent. Dans ce cadre, T.Oubrou n'épargne pas de sa critique les quelques instituts, qui, en France, sont censés former les futurs cadres de la communauté musulmane : "<em>Les études c'est une chose, et être imam en France, c'est une autre affaire".</em> En outre, il constate amèrement que le programme de ces centres de formation&nbsp; d'imams ne&nbsp; sont pas assez en phase avec la société et n'intègre pas encore assez les sciences humaines et la philosophie occidentale. <br />Tel un artisan qui a acquis un savoir-faire incomparable grâce à des années d'expérience sur le terrain, T.Oubrou nous parle ainsi sans détour de son métier, si peu valorisé soit-il, mais également de la matière qu'il travail : la nature humaine et son incroyable complexité face à laquelle il doit en permanence trouver, dans les ressorts de sa réflexion, des solutions accommodant la foi et le temps présent.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <span style="text-decoration: underline;"><strong>Une indépendance d'esprit</strong></span><br /><br />L'intérêt de cette lecture tient aussi au caractère indépendant que démontre T.Oubrou dans ses propos. A l'heure où le débat sur l'identité nationale vient remettre sur le tapis la question de l'Islam de France et ses nombreuses attaches fantasmées avec des puissances étrangères, nombreux sont les acteurs de ce débat qui devraient prêter une oreille attentive aux propos tenus dans cet ouvrage. Tout au long de l'ouvrage on sent une tension permanente entre sa volonté de maintenir des liens étroits avec tous les acteurs&nbsp; ou institutions de l'Islam de France et d'Europe, et de l'autre un esprit d'indépendance, un besoin de préserver le recul nécessaire à la critique. Ainsi, à son interlocuteur qui le questionne au sujet de son engagement au sein de l'UOIF, il répond ceci : "<em>Je ne suis pas là pour servir une organisation en particulier ou une autre. Je reste très critique à leur égard, surtout à l'égard de celle dans laquelle j'ai évolué, l'UOIF."</em>Tout en reconnaissant le rôle modérateur du Conseil Européen de la fatwa, dont il aurait pu être un membre fondateur, il regrette également qu'il soit <em>"étranger culturellement&nbsp; à la civilisation occidentale."</em> Reproche qu'il adresse dans le même temps aux Instituts théologiques musulmans <em>"qui ne sont pas non plus en phase avec la société occidentale". <br /></em>C'est donc en homme libre de toute attache partisane que nous parle T.Oubrou ; cette liberté d'action et de ton qu'il a découvert en France et pour laquelle il dit être entièrement redevable à ce pays, il semble qu'il ne la sacrifierait pour aucun titre ou honneur. C'est un peu, aussi, ce qui fait tout le paradoxe de cette personnalité :&nbsp; lié à de près ou de loin à bon nombre d'acteurs de l'Islam français, mais en même temps, véritable électron libre revendiquant des champs d'investigation intellectuels encore peu explorés et autour desquels il revendique ouvertement une autocensure tant les mentalités musulmane sont si peu prêtes à les accueillir. Le seul reproche qu'on pourrait donc faire à cet ouvrage c'est de ne pas avoir assez mis en lumière le rayonnement de cette pensée dans les sphères dirigeantes, qu'elles soient musulmanes ou non. Est ce que finalement le prix de cette liberté n'est pas l'isolement ? Peut-être est ce pour cette raison que T.Oubrou s'est lancé depuis quelques années dans la rédaction de nombreux ouvrages afin de faire connaître au grand public, le fruit de sa réflexion.
     </div>
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     <div>
      <span style="text-decoration: underline;"><strong>Une pensée en mouvement</strong></span><strong><br /></strong><br />Ce n'est décidément pas pour rien que le terme cinétique est l'un des mots clés de cet entretien. Passionné par les Sciences Physiques, T.Oubrou ne cesse de l'utiliser pour affirmer que la pensée doit s'inscrire dans le temps.Ce dernier, par définition mouvant, doit en quelque sorte être le moteur de la réforme de la théologie et la pensée islamique contemporaine. Sans remettre totalement en cause l'édifice intellectuel qui a été savamment élaboré par les juristes musulmans des siècles passés, il milite dans le sens d'une déconstruction puis d'une reconstruction de cette pensée. Cette dernière doit, selon lui, être en prise directe avec le moment dans lequel nous vivons. Elle doit&nbsp; utiliser les principes élémentaires de la raison critique, pouvant être puisés aussi bien dans la pensée contemporaine occidentale que dans les ouvrages des Anciens, <em>"plus intelligents et ouverts sur l'universel que nous musulmans d'aujourd'hui," </em>dit il.&nbsp; L'objectif&nbsp; :<em> "penser l'objet de la foi et de l'éthique dans la culture occidentale comme l'a fait le Coran dans la culture du moment coranique"</em><br />Un autre élément de cette refondation et qui affleure nettement durant tout l'entretien, est le développement d'une saine spiritualité basée d'abord et avant tout sur une connaissance claire des Noms et Attributs divins. Le lien semble évident : "<em>la prise en considération de la réalité et la légitimation de la réalité nous oblige à remonter vers les Noms et les Attributs de Dieu comme paradigme herméneutique pour penser la loi en Islam. Ceci repose en effet sur la question théologique de Dieu : de quel Dieu s'agit-il ? Car avant de connaître la loi, il faudrait bien essayer de connaître le Legislateur, mais aussi ceux qui sont concernés par Loi, l'homme et la femme...Donc il faut une lecture théologique de Dieu qui passe par&nbsp; une étude théologique de l'Homme et de sa condition réelle, car on ne peut pas connaître Dieu sans l'Homme. Dieu n'a t-il pas créé l'Homme à Son image pour Se faire connaître et y manifester&nbsp; Ses signes&nbsp; ?"<br /></em>Un dernier point&nbsp; et non des moindres, dans ce travail de reconstruction :&nbsp; remettre la norme à sa&nbsp; place. T. Oubrou insiste dans cet entretien sur l'usage complètement abusif&nbsp; voire parfois complètement faux qui est fait du terme de sharia. Le sacraliser comme le fond beaucoup de mouvements est une erreur. <em>Je combats une norme qui empoisonne la vie des gens </em>dit-il. La loi doit, selon lui, arrêter d'être lue, vécue et interprétée comme une contrainte punitive. Il rappel que les plus grands penseurs musulmans ont toujours souligné que la sharia devait être totalement avantage, totalement justice , totalement sagesse, et qu'à force de mettre de la norme partout, les musulmans ont atrophié ses aspects les plus humanistes, éthiques et spirituels.<br /><em><br /> </em>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <H1></h1>
<br></br>
<u>Pour acheter</u>

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   <title>Paris- Tel Aviv express : aller-retour forcé pour une exclusion annoncée</title>
   <pubDate>Mon, 02 Nov 2009 14:30:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Elodie</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Palestine]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Au Proche-Orient, l'enseignement du français peut nuire gravement à la Sécurité (des Etats paranaoïaques) et à la Liberté (des enseignants...).
Qui a dit que la formation d'enseignante de français comme langue étrangère ne menait à rien?
Elle mène à tout, au meilleur comme au pire.     <div>
      &nbsp; A l'étranger, cette profession peut ouvrir beaucoup de portes, y compris celles des prisons.L'expérience peut se révéler très formatrice... à condition de pouvoir en sortir (et de ne pas se retrouver prise au piège d'une autre forme de prison une fois revenue au pays: celle de l'exclusion sociale, qui fait des ravages ces derniers temps, et dont plus personne n'est à l'abri).Après Clothilde Reiss en Iran, une enseignante de français recrutée dans une université palestinienne vient à son tour de subir de plein fouet les errements et abus de pouvoir d'un pays en proie à une crise interne grave et ne sachant plus que faire des étrangers présent sur son sol,témoins potentiels des exactions commises quotidiennement contre des civils innocents.En Israël, pays heureusement plus démocratique et respectueux des Droits de l'Homme que l'Iran (encore que ce respect soit tout de même à géographie variable, le degré de respects des Droits dépendant largement des origines ethnico-religieuses des Hommes....), il ne fait décidemment pas bon avoir la moindre vélléité d'activité avec et/ou pour les citoyens palestiniens :après les non renouvellement de visas de membres d'ONG, ce sont aujourd'hui des enseignants que l'on importune pour avoir simplement essayé d'exercer leur métier de passeurs de cultures sans frontières dans des Territoires dont l'isolement progressif s'accentue ainsi de jours en jours....<br /><br />De fait, cette volonté d'isolement est telle, aujourd'hui, que le simple fait d'aller "là-bas"relève déjà d'un acte de résistance passive au côté des Palestiniens. Ce qui fait de chaque citoyen étranger manifestant le désir d'aller de l"autre côté", un suspect aux yeux des Israëliens.Pour bien comprendre le casse-tête auquel s'expose toute personne souhaitant se rendre dans les Territoires Palestiniens afin de constater les choses par elle même, ou tout simplement rendre visite à des proches, il faut tout d'abord savoir qu'il est impossible d'y aller sans passer par le filtrage des autorités israëliennes. Ce qui peut paraître logique quand on arrive en avion par Tel-Aviv, mais l'est déjà beaucoup moins quand on passe la frontière terrestre en arrivant de Jordanie.De Amman à Ramallah, à aucun moment la route ne traverse le moindre bout de territoire appartenant à l'Etat israëlien: si ce n'est cette frontière dite "du pont Allenby" ou "pont du roi Hussein", d'ailleurs non reconnue officiellement par la Jordanie, et sur laquelle les Israëliens ont pris abusivement position. Pourquoi, lorsqu'un voyageur veut se rendre uniquement dans les Territoires dit "autonomes", (le sont-ils encore? Quelle farce que cette appellation !) doit-il se soumettre aux questions des autorités israëliennes et voir son passeport affublé d'un visa d'entrée pour un pays où il n'a pas l'intention d'aller? Si, pour venir dans les Territoires en simple visiteur ou comme voyageur solidaire il faut déjà s'armer de beaucoup de patience, s'y rendre pour des raisons professionnelles relève de plus en plus de la mission impossible. (Plus encore s'il s'agit d'un long séjour, car il faudrait demander un visa de travail au ministère israëlien... qui on s'en doute, sera "ravi" de délivrer des autorisations de séjour dans ces Territoires où chaque étranger peut être un témoin génant de leur politique d'apartheid. Adresser une demande de visa à un ministère israëlien pour travailler dans les Territoires Palestiniens? Démarche aussi kafkaïenne qu'inutile, puisque vouée d'entrée à l'échec.)C'est ce que notre enseignante de français aura appris à ses dépends lors de ses deux tentatives de passage de frontière (l'une, par le Pont Allenby, réussie mais après 10 heures d'attente sans explications; l'autre, éprouvante, à Tel Aviv, où elle aura encore perdu 10 heures de sa vie à attendre, cette fois pour rien, perdant ainsi son emploi ). Car déclarer honnêtement (et naïvement ) son activité dans les Territoires Palestiniens, c'est se rendre automatiquement suspect de liens avec des terroristes, et donc s'exposer à une longue journée d'attente pour vérifications entre-coupées d'interrogatoires absurdes ou musclés, (selon la personne que vous avez en face de vous), au terme de laquelle votre visa d'entrée vous sera très probablement refusé.Quant à mentir sur les véritables raisons de sa venue en Israël dans l'espoir de s'éviter un long et épuisant bras de fer avec les "inquisiteurs" du Mossad, comme ils finissent tôt ou tard par tout savoir (selon des méthodes de pression et d'investigation qu'aucun voyageur ou travailleur ordinaire ne s'attend à devoir subir), cela équivaut tout bonnement à signer son propre arrêt d'expulsion, et s'attirer dans la foulée, une batterie de mesures d'intimidation qui pourraient être risibles si certaines d'entre elles n'étaient pas si humiliantes. Des plus banales (se voir confisquer son passeport et devoir attendre des heures sans explications, voir ses bagages fouillés de fond en comble...) aux plus révoltantes (fouille au corps, "épluchage" des répertoires de téléphones portables et de boîte mail, enfermement dans une cellule d'un centre de rétention pour immigrés illégaux, escorte policière dans l'aéroport de transit et jusqu'à l'arrivée en France....), aucune n'est innocente, et toutes répondent à un seul et même objectif: marquer profondément l'esprit de la personne visée afin de la guérir à tout jamais de la moindre envie de recommencer... au risque de lui donner aussi l'envie d'en découdre ("qui sème le vent ......" ); car il est des limites au delà desquelles un individu conscient de ses erreurs et prêts à les assumer ne peut plus tout accepter sans rien dénoncer.<br /><br />A trop forcer sur les mesures punitives, le décalage entre la faute commise (mentir pour essayer de sauver son job est-il un crime portant gravement atteinte à la sécurité de l'Etat? ) et la&nbsp; sanction (une expulsion assortie d'une interdiction de séjour de 5 ans, avec photos, prise d'empreintes et flicage jusque sur le tarmac français...) finit par être trop grand pour ne pas trahir ce qu'il prétendait occulter: loin d'être un banal refoulement de travailleuse illégale ou de touriste naïve soupçonnée de sympathies avec de séduisants terroristes, cet incident ne doit pas être interprété comme autre chose que ce qu'il est :un signe flagrant, parmi tant d'autres, (pour qui sait et veut voir...) d'une inquiètante accélération de la politique d'isolement des Palestiniens de Cisjordanie par le gouvernement israëlien actuel.. Et il devient manifeste que cette politique passe aujourd'hui par une volonté d'intimidation des étrangers qui s'opposent pacifiquement à cette situation, ou qui essaient simplement d'exercer leur métier, comme tout les étrangers présents dans les Territoires Palestiniens le font avec beaucoup de patience et de courage. L'expulsion d'une enseignante française n'est malheureusement qu'un exemple supplémentaire de ces tentatives d'intimidation: les médias français sont restés curieusement très discrets, mais il y en a eu récemment de bien plus graves à l'encontre d'autres ressortissants français, et qui plus est membres du corps diplomatique... de la part d'un Etat qui feint d'ignorer les accords de Genève, piètine allégrement les Droits de l'Homme, et dont les soldats ne respectent même plus l'immunité diplomatique, il y a fort à craindre qu'il n'y ait plus grand chose à espèrer, et même plutôt tout à redouter....<br /><br />En attendant, et dans le silence complice des médias (qui n'évoquent que les aspects les plus"spectaculaires" des problèmes, et encore...), l'étau se resserre lentement mais sûrement autour des Palestiniens de Cisjordanie. Aujourd'hui, des enseignants se font virer comme de vulgaires criminels; qui nous dit que demain, ce ne sera pas le tour des membres d'associations à vocation artistiques, culturelles et éducatives... jusqu'à ce que les humanitaires et les journalistes soient à leur tour empêchés d'entrer dans les Territoires pour y faire leur travail de témoins et d'empêcheurs de massacrer en silence?Allons-nous demain laisser se reproduire en Cisjordanie ce qu'il s'est passé hier à Gaza?Comme Gaza, la Cisjordanie se transforme peu à peu en une immense prison à ciel ouvert dont les murs se rapprochent chaque jour un peu plus. Les étrangers qui choisissent de travailler "de l'autre côté" représentent autant de bras pour repousser les machoires de béton et de haine qui se referment sur les Palestiniens. Une enseignante de l'université de Ramallah refoulée, c'est un témoin et une force de résistance à l'isolement en moins; sa nuit en taule, la punition pour avoir voulu se faufiler dans les brèches de la "grande prison". Et ce n'est rien, évidemment, comparé à ce&nbsp; que les Palestiniens doivent subir au quotidien. (Il suffit de passer une journée à la frontière du"pont Allenby" pour s'en faire une idée... et s'étonner, comme tous les étrangers témoins du traitement dégradant qui leur est infligé, de leur immense patience, et du nombre relativement restreint d'attentats suicides comparé aux efforts déployés par les Israëliens pour leur rendre la vie impossible).<br /><br />C'est pourquoi, bien qu'il soit minime en comparaison des autres, je répugne à laisser sans suite l'abus de pouvoir dont je viens d'être victime (l'enseignante expulsée étant l'auteur de ces lignes),que d'autres ont sans doute déjà subit, et que d'autres encore subiront après moi. Nous réduire au silence par la brutalité morale de procédures à la limite de la légalité, c'est précisément l'objectif des sanctions que nous autres, citoyens du monde, nous voyons infligés pour avoir simplement refusé de nous taire et de laisser faire. Ne nous abaissons pas à devenir complice de la politique d'isolement des Palestiniens en rentrant sagement dans nos pays alors qu'à travers nous, c'est un peuple entier qui reçoit une punition collective que rien ne saurait justifier.Si le réalisme m'a poussé à faire mon deuil du travail passionnant que je m'apprétais à faire à l'université de Ramallah (la rentrée universitaire s'est faite sans moi, et il faut espérer qu'ils trouveront à me remplacer car je dois maintenant me préoccuper de ma survie en France), la seule idée de devoir attendre 5 longues années avant de pouvoir retourner en Palestine m'est tout simplement insupportable.Au consulat de Jérusalem (où j'avais justement rendez-vous le lendemain de mon arrivée afin qu'on m'explique une fois pour toute comment faire pour travailler dans les Territoires Palestiniens sans risquer de perdre mon poste à chaque retour de vacances...), j'ai envoyé quelques jours plus tard un courrier expliquant ma situation et leur demandant de me donner les informations qui pourraient me permettre de faire au moins annuler mon interdiction de séjour...3 semaines plus tard, j'attends toujours la réponse.....Je crains fort de n'avoir à compter que sur moi même... et sur les âmes compatissantes qui voudront bien éclairer ma lanterne.J'appelle donc toutes les personnes ayant eu la patience de lire ce texte jusqu'au bout, à le diffuser au maximum autour d'elles. Tout d'abord parce qu'il faut que cela se sache, que toute les personnes susceptibles de venir en Israël sachent de quoi sont capables les services de sécurité de ce pays, même quand on y vient vraiment en simple touriste ( et j'en ai vu, des gens, de toutes origines, de toute confession- même juive ! - de tout passeport -même israëlien !- des familles innofensives-même américano-israëliennes !- commencer leur séjour par les mêmes tracasseries perverses que moi ), même quand on y vient avec les meilleures intentions du monde. (Il est vrai que l'Enfer est pavé de bonnes intentions...)
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      Ensuite parce que, si parmi ces lecteurs, il s'en trouve qui ont vécu le même type de cauchemar, et qui savent comment faire pour ne pas laisser sans suite ce genre de refoulement aussi abusif qu'infâmant, et/ou comment faire annuler une interdiction de de séjour... leur expérience m'est précieuse....ils peuvent m'envoyer leurs infos et conseils à l'adresse suivante:yakhalas@gmail.comElodie"ya khalas", c'est une sorte de version arabe du "ya basta !" hispanique, (prononcer le «kh» comme la «jota»espagnole) parce que ça suffit, qu'on en peut plus de toutes ces injustices commises quotidiennement en toute impunité contre le peuple palestinien, subissant sous nos yeux, aujourd'hui, un mélange innommable de purification ethnique et d'apartheid (avant qu'ils ne finissent comme les Indiens d'Amériques dans leurs misérables réserves?) parce qu'il serait temps d'en finir avec la culpabilité des crimes commis au siècle dernier contre les juifs et qui nous bouchent les yeux et nous empêchent de dénoncer ceux qui se commettent aujourd'hui au nom d'une prétendue sécurité précisément minée par leur propre soin, parce que l'injustice est mère de toute les violences, parce que "Paix" ne pourra jamais rimer avec "impunité".
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   <title>Le Trio Joubran, un souffle venu de Palestine</title>
   <pubDate>Tue, 27 Oct 2009 17:16:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>nicolas Lalande</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Art et cuture]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Le Trio Joubran, trois frères issus d'une famille qui, depuis quatre générations, vit à travers le « Oud », le fabrique, le joue, l'aime. L'arrière grand-père, le grand-père, le père et maintenant, les trois frères Samir,  Wissam, et Adnan qui font de cet instrument un savoir, une passion, une vie...      <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.elkalam.com/photo/1671319-2253101.jpg" alt="Le Trio Joubran, un souffle venu de Palestine" title="Le Trio Joubran, un souffle venu de Palestine" />
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      Leur maîtrise du «&nbsp;Oud&nbsp;» est singulière tout comme le sont l'harmonie et la synchronisation dont ils font preuve, chaque fois qu'ils se produisent sur scène devant des publics du monde entier, si différents mais unis devant autant d'authenticité et d'excellence. Côté percussion, le non moins excellent Yousef Hbeisch vient enrichir le Trio de rythmes qui épousent la mélodie et se fond dans les notes. Le Trio Joubran, trois frères de Palestine, musiciens mondialement sollicités, avancent dans leur art&nbsp;grâce à &nbsp;un énorme travail individuel et collectif, avec un grand amour et un plus grand respect de la musique et du public.<br /><br /><span style="text-decoration: underline;"><strong>L’aventure commence avec Samir </strong></span><br /><br />Samir est né en 1973 à Nazareth, en Galilée. C'est à l'âge de cinq ans que son père l'initie au oud. La rencontre entre l'enfant et l'instrument est alors à l'image d'une rencontre amoureuse. A l'âge de neuf ans, Samir entre à l'Institut de Musique de Nazareth. En 1995, il achève ses études au prestigieux Conservatoire Muhammad Abdul Wahhab au Caire. Ses talents de musicien sont reconnus à travers les nombreux ateliers et séminaires musicaux auxquels il participe dans plusieurs pays arabes et européens. Samir Joubran donne ainsi des cours de oud dans de nombreuses écoles et instituts. L'aventure des Joubran commence avec Samir, soliste novateur. En 1996, sort le premier album de Samir, Taqaseem, qui sera suivi de Sou'fahm en 2001. Sa première collaboration avec le label Daqui (label des Nuits Atypiques de Langon) paraîtra en 2002 : l'album Tamaas. Il se met à sillonner les scènes du Moyen-Orient puis celles de l'Europe. Samir est alors le seul palestinien à se produire hors frontières. Il est également le premier musicien à avoir reçu une bourse de deux ans en Italie, grâce au programme d'asile des écrivains organisé par le Parlement International des Ecrivains pour les années 2003-2004. Partout célébré pour la virtuosité de son jeu, il se voit très rapidement sollicité pour de nombreuses collaborations, notamment avec de grands poètes tels que Mahmoud Darwish . Le son et le mot mettent alors en exergue une poésie où mélancolie et passion s'entrelacent. Le talent musical de Samir Joubran est reconnu dans le monde cinématographique lorsqu'il participe à la collaboration de Ticket to jerusalem (2002), dont il signe la bande originale pour le cinéaste Rashid Masharawi. C'est ensuite que le réalisateur François Dupeyron fait appel à Samir Joubran. Trois titres de son album Tamaas sont retenus pour la bande originale de son film Inguélézi. Le réalisateur Parvez Sharma retient à son tour trois titres de Randana pour son documentaire A jihad for love (sortie prévue dans le courant de l'année). Après Randana, le premier album qui avait réuni la fratrie Joubran, Majâz, le nouvel opus sera présenté au public cet automne. C'est avec La Palestine au cœur et une volonté insatiable de faire parler le oud que Samir Joubran sillonnera le monde avec ses frères. « Nous avons deux combats à mener. L'un pour notre carrière et l'autre pour la paix en Palestine, la fin de l'occupation.»
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      <span style="text-decoration: underline;"><strong>Wissam, musicien et luthier </strong></span><br /><br />Wissam est né à Nazareth, en Galilée, en 1983. Son père l'inscrit à des cours de violon au conservatoire de Nazareth. C'est en observant et en écoutant son frère Samir jouer, qu'il se tourne à son tour vers le oud. Cet instrument aux formes généreuses, au ventre rond, lui est intimement lié. Son père Hatem, le voyant fusionner avec cet instrument, lui confectionne un petit oud pour l'anniversaire de ses neuf ans. Il commence par faire quelques concerts locaux en Palestine. <br />Puis le théâtre fait appel à lui pour la représentation de la vie de Moudaffar El Nawab, il y interprète le rôle d'un aveugle, joue du oud et chante. Wissam à l'âge de douze ans, saisit l'opportunité de faire s'évader ses rêves et son talent musical jusqu'à L'Institut du Monde Arabe de Paris où il partage la scène avec son frère Samir. En 2002 Wissam, toujours accompagné de son frère, vient jalonner d'interludes musicaux la lecture des poèmes de Mahmoud Darwish. <br />C'est avec l'album Tamaas que Wissam Joubran démarre sa carrière internationale. Nourri par cet univers musical, il est décidé à mettre en exergue le oud : il devient le premier étudiant arabe diplômé du prestigieux Conservatoire Antonio Stradivari, à Crémone en 2005. Wissam, tout comme son père, suit alors la lignée des maîtres luthiers. Il fabrique les trois ouds du Trio Joubran de ses propres mains, personnalisant chaque oud de façon à ce que chacun de ses frères ne fasse qu'un avec son instrument. <br />Maître luthier, joueur de oud, Wissam Joubran, convaincu d'une possible symbiose entre la tradition musicale arabe et la modernité du oud, porte en lui l'héritage de ses ancêtres tout en étant tourné vers l'avenir.
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      <span style="text-decoration: underline;"><strong>&nbsp;Adnan, un parcours atypique </strong></span><br /><br />Adnan est né en 1985 à Nazareth, en Galilée. Le plus jeune des frères a un parcours bien atypique. Depuis son plus jeune âge, il veut être percussionniste. Le oud n'a cependant pas tardé à l'appeler auprès de lui. C'est à ses quinze ans que le désir d'en jouer se fait de plus en plus grand. Durant deux ans, en autodidacte et avec l'aide de ses aînés, Adnan s'exerce à cet instrument. Dès son retour du lycée, il prend le oud de Wissam, y fait voyager ses doigts sur les empreintes de son frère en jouant les mélodies de Samir. Le père, Hatem, encourage son fils Adnan à passer des concours : il fait partie des cinq lauréats d'un concours organisé en Palestine. Le premier public d'Adnan, ce sont les clients de son père. De retour de tournée, Samir évoque le projet d'un trio. Adnan fait de cette idée une ambition et durant un an, il travaille avec passion et rigueur. C'est ainsi qu'en Août 2004, le Trio Joubran voit le jour à Paris au Jardin du Luxembourg. En duo avec son grand frère Samir, Adnan accompagne en musique la compagnie de danse Fattoumi-Lamoureux. En plus de sa carrière au sein du Trio, Adnan présentera cette année au public parisien un projet combinant la musique et le cirque portant le nom de EKO DU OUD.
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      <span style="text-decoration: underline;"><strong>&nbsp;A l’ombre des mots, un hommage à Mahmoud Darwish</strong></span> <br /><br />Leur dernier spectacle, “<em>à l’ombre des mots</em>”, est un hommage monumental à la poésie de Mahmoud Darwish dont la voix est accompagnée par les notes subtiles des luths des trois frères. Un réel hommage en effet, car les instruments ne sont là que pour mettre en valeur le timbre puissant et les paroles envoutantes du poète. Faisant preuve d’un immense humilité sur scène, les trois artistes s’effacent et font vibrer les cordes de leur instrument dans un total dévouement aux poémes de Darwish. <br /><br /><em>“Il est difficile pour nous de parler de l’œuvre que nous avons intitulée « A l’ombre des mots »&nbsp; car c’est en fait à l’ombre d’un homme que nous avons accompagné pendant plus de douze ans, que nous avons aimé et respecté… Un homme dont nous attendions une parole, une lettre, une note, une phrase pour nous enchanter et nous ramener à l’espoir, son espoir, lui, qui, du royaume du verbe, a incarné le nationalisme, la révolution, la foi dans la terre, cette terre sainte, sa Palestine</em>.” <br /><br />Le Trio Joubran, grâce à une maîtrise parfaite de leur art, réussit ainsi à nous emporter dans le monde subtil des mots du poète, et aussi dans celui des maux de sa patrie, la Palestine.
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   <title>Les Grecs, les Arabes et nous. Enquête sur l'islamophobie savante" : comment l'islam a transmis des savoirs antiques à l'Occident</title>
   <pubDate>Mon, 05 Oct 2009 11:02:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>nicolas Lalande</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Le coin des lecteurs]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
   La science n'est pas l'opinion. Le raisonnement et la démonstration scientifiques obéissent à des règles et à des procédures. Et lorsqu'en 2008, Sylvain Gouguenheim, un historien spécialiste de l'Allemagne médiévale, publiait un ouvrage intitulé Aristote au Mont-Saint-Michel. Les racines grecques de l'Europe chrétienne (Seuil), dans lequel il affirmait que le monde arabo-musulman avait joué un rôle mineur dans la transmission du savoir grec vers l'Occident chrétien, de nombreux universitaires, dont des spécialistes reconnus des questions pour lesquelles Sylvain Gouguenheim disait vouloir faire oeuvre de vulgarisation, réagirent avec vigueur     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
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      <span class="dropcap">L</span>a science n'est pas l'opinion. Le raisonnement et la démonstration scientifiques obéissent à des règles et à des procédures. Et lorsqu'en 2008, Sylvain Gouguenheim, un historien spécialiste de l'Allemagne médiévale, publiait un ouvrage intitulé <em>Aristote au Mont-Saint-Michel. Les racines grecques de l'Europe chrétienne </em>(Seuil), dans lequel il affirmait que le monde arabo-musulman avait joué un rôle mineur dans la transmission du savoir grec vers l'Occident chrétien, de nombreux universitaires, dont des spécialistes reconnus des questions pour lesquelles Sylvain Gouguenheim disait vouloir faire oeuvre de vulgarisation, réagirent avec vigueur. Ils dénoncèrent tout autant les erreurs contenues dans l'ouvrage, et l'absence de preuves, que l'insistance de son auteur à vouloir relire l'histoire de la philosophie médiévale en reniant l'apport de l'Islam. Ce faisant, le médiéviste travestissait une opinion en savoir scientifique.
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      <span style="text-decoration: underline;"><strong>Optique post-coloniale</strong></span> <br /><strong><br /></strong> <br /> Les auteurs de <em>Les Grecs, les Arabes et nous</em> ont perçu dans le succès public du livre de Gouguenheim, et dans le bon accueil qui lui fut en général réservé par la presse, le symptôme d'une <em>"islamophobie savante"</em>, à travers laquelle des propos hostiles à l'islam sont exprimés par des auteurs qui ont beau jeu, ensuite, de nier toute volonté polémique. C'est dans une optique post-coloniale qu'ils relisent ces événements récents, dans un contexte intellectuel influencé par ce qu'ils nomment une <em>"philosophie de l'histoire sarkozyste"</em>, et par les prises de position de Benoît XVI, en particulier lors du discours de Ratisbonne (2006) : en y faisant allusion à une violence intrinsèque de l'islam, le pape avait semblé vouloir renouer avec une théologie de la <em>"controverse"</em>. <br /> Tous ceux qui ont appelé de leurs voeux, lors de "l'affaire Gouguenheim", un vrai débat scientifique, se réjouiront de disposer d'une synthèse claire sur l'état des connaissances. Les spécialistes, s'appuyant sur des sources et des études nombreuses, montrent comment la philosophie médiévale et la science moderne se sont progressivement bâties grâce à des héritages grecs et arabes, comme juifs et latins. Ils rappellent aussi combien il est erroné de vouloir considérer les religions comme des <em>""essences" homogènes et atemporelles"</em>, plutôt que comme des réalités historiques évoluant sans cesse et s'influençant les unes les autres. L'oeuvre de traduction du monde arabo-musulman au Moyen Age a été fondamentale, soulignent encore les auteurs, et elle a favorisé la circulation des textes antiques. Enfin, on sait aujourd'hui que toute pensée peut être formulée par n'importe quelle langue : contrairement à ce que voudrait faire croire une vision dépassée de la linguistique, l'opération de traduction du grec, langue indo-européenne, vers l'arabe, langue sémitique, n'a été limitée par aucune incapacité linguistique<em>.</em>
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     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Mais au-delà même de ces questions circonstanciées, l'ouvrage propose des grilles d'analyse pertinentes pour comprendre les rapports actuels entre querelles idéologiques et production de savoirs scientifiques. L'évolution des supports de l'information a modifié de manière cruciale le statut de la preuve comme celui de l'expert. A lire les auteurs, si cette affaire, qui aurait pu rester confinée au monde académique, a trouvé tant d'écho dans l'espace public, c'est non seulement à cause du rôle joué par Internet, mais aussi parce que la thèse d'<em>Aristote au Mont-Saint-Michel </em>s'appuyait en partie sur une rhétorique de la "révélation" : l'auteur laissait entendre que les universitaires s'appliquaient à cacher la vérité sur l'oeuvre de traduction latine des textes grecs, alors même que celle-ci était analysée dans tous les ouvrages consacrés au sujet. <br /> Certes, le discours de l'historien est toujours "situé". Mais c'est de la capacité de celui-ci à assumer son positionnement méthodologique et historiographique, comme de sa faculté à produire les preuves à l'appui de son propos que dépend la fiabilité du travail scientifique. Deux conditions parfaitement remplies par cet ouvrage.<br /><br />Source : Le Monde 01/10/2009, <strong>Claire Judde de Larivière</strong>
     </div>
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     <div>
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